La magie de la Coupe de France a souvent opéré au Stade Massot ces dernières saisons. Stéphane Dief et son équipe aimeraient poursuivre la série d’invincibilité face aux équipes professionnelles samedi soir contre le Stade de Reims.
Stéphane, quel est votre ressenti après ces dix jours de coupure ? Le groupe et le staff semblaient un peu émoussés après Bordeaux.
Stéphane Dief : « Oui, nous pensons que tout le monde avait besoin de couper un peu. Bordeaux est clairement l’un des rares matchs où nous nous sommes sentis un peu émoussés, un peu moins fringants. Parfois, nous sommes un peu déçus quand il y a un arrêt alors que nous étions sur une très bonne série avant la trêve, mais ni moi ni les joueurs n’avons été impactés négativement. Nous avons tous à peu près la même analyse : c’était le bon moment pour couper.
Nous arrivions peut-être au bout sur le plan de la fraîcheur, à la fois physique et athlétique. Mentalement aussi, cette coupure a fait énormément de bien. »
La trêve vous a aussi permis de prendre du recul sur votre équipe ?
SD : « À vrai dire, j’ai surtout essayé de ne pas penser au football. J’ai fait en sorte de me déconnecter du quotidien en partant quelques jours ailleurs. Une semaine loin de l’environnement habituel a des bienfaits bien plus importants que de rester à proximité. Nous avions repris le 30 juin, donc arriver au 21 décembre avec l’envie de couper une semaine, c’est humain et utile. Dans une configuration optimale pour préparer ce match, il aurait fallu reprendre le 30 et s’entraîner les 30 et 31 décembre. Mais tout n’a pas été simple sur cette première partie de saison, même si le contenu de jeu a souvent été de bonne qualité. Nous avons estimé qu’il était important de retrouver de la fraîcheur mentale. Nous avions beaucoup exigé des joueurs, ils avaient bien répondu, et il nous semblait utile de couper deux jours de plus en proposant simplement un programme individuel pendant la trêve. »
Ce 16e de finale est l’une des rares fois où vous affrontez une équipe de niveau supérieur. À quoi faut-il s’attendre ?
SD : « À un match compliqué, évidemment, par l’adversité. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir à préparer ce match. L’adversaire a un projet de jeu très clairement identifié, aussi bien défensivement qu’offensivement. C’est toujours agréable de préparer un match face à une équipe où nous voyons clairement la patte du coach et la valeur collective. Nous savons que nous allons affronter une équipe de grande qualité, à la fois puissante, athlétique et techniquement très intéressante, avec de vrais principes de jeu. C’est aujourd’hui la deuxième équipe de Ligue 2 au classement. Si la saison s’était arrêtée à la trêve, elle serait en Ligue 1. Nous affrontons donc une équipe qui ressemble autant à une équipe de Ligue 1 que de Ligue 2. C’est un très beau défi à relever. »
Quels sont les principes de jeu qui vous plaisent chez cet adversaire ?
Stéphane Dief : « Quand ils ont le ballon, nous voyons des animations très bien établies, des automatismes clairs. Je ne vais pas rentrer dans les détails, évidemment, ça reste entre nous et les joueurs. Défensivement aussi, il y a une vraie ambition, un vrai parti pris dans la façon d’agresser l’adversaire. Cela laisse peu de place et nous oblige à trouver les bonnes solutions. Nous espérons avoir identifié deux ou trois petits points où nous pourrons leur faire mal. »
Les conditions météo et l’état du terrain peuvent-ils changer la donne ?
SD : « Peut-être que, pour une fois, le terrain peut nous avantager un peu plus que l’adversaire. Même si, malgré tout, nous avons déjà réalisé de belles performances ici face à des équipes de Ligue 2 en développant un beau football.
Nous tâcherons de rester fidèles à ce que nous faisons habituellement, avec le même état d’esprit. Il y a une division d’écart, une équipe qui se bat pour monter en Ligue 1. »
La semaine de préparation a été perturbée par la météo ?
SD : « Oui, clairement. En termes de charge et de travail tactique, nous aurions aimé faire plus. Hier, par exemple, nous avions prévu une séance d’une heure et demie et nous avons dû nous arrêter à 65 minutes. Le terrain devenait impraticable à cause de la neige. Nous avons même terminé par un peu de travail dans les marches de la tribune à Massot. Cela demande une vraie capacité d’adaptation. Malgré tout, nous aurons la fraîcheur pour nous. Sur cet aspect-là, il peut se passer de belles choses. Nos chances de qualification sont minces, mais l’enthousiasme et la fraîcheur peuvent faire la différence. »
Le Puy n’a jamais été éliminé par une équipe professionnelle à Massot. Vous-y pensez ?
SD : « C’est une mission terrible que nous avons : préserver une invincibilité qui est presque une bizarrerie dans le monde du football quand nous regardons les parcours réalisés ici depuis des années. Nous allons essayer de relever ce défi comme d’habitude, sans nous mettre une pression négative. Nous avons surtout envie de prolonger la série et le plaisir, parce que nous savons à quel point ces moments rendent les gens heureux. C’est notre façon de penser. »
Qu’est-ce qui rend Massot si spécial ?
SD : « C’est assez inexplicable, honnêtement. Nous essayons simplement de travailler du mieux possible. Ce dont nous parlons dépasse largement ces trois dernières saisons. Il y a peut-être un enthousiasme différent ici. La nature même du club permet de travailler sereinement. La plus grande force vient du sportif, du groupe et du staff. Cet esprit libéré se ressent, y compris en championnat, même quand nous sommes un peu moins bien. La mentalité du club joue sûrement un rôle important dans tout ça »


















