Eric Teyssier est, avec quelques autres, un des bénévoles du Puy Foot, le club qu’il a rejoint à la fin des années 90, d’abord le long de la main courante, pour suivre les séances de son fils, Loïc : « Il était débutant lorsque je l’ai inscrit. Il a joué au Puy de l’âge de 6 à 15 ans, puis il est parti 3 ans à Brives-Charensac. Un jour, on m’a demandé si je ne voulais pas devenir éducateur au club ».

C’est comme cela que ce pur ponot, papa aussi d’une Jennifer – « Elle n’a jamais joué au foot ! » -, s’est retrouvé sur le pré au milieu de poussins et de benjamins, pendant une douzaine d’années, avant de ranger son sifflet au placard : « Je suis ensuite devenu dirigeant / accompagnateur de l’équipe II seniors ! J’ai commencé avec Thierry Roumazeilles, et aujourd’hui, c’est Lionel Vaillant qui dirige l’équipe réserve. »

Entre Roumazeilles et Vaillant, Eric a connu d’autres coachs : Matthieu Boyer, Mike Juban, Zaccharie Gbadamassi et Christophe Mourier. Des souvenirs, il en a forcément beaucoup, et s’il a du mal à en citer un plutôt qu’un autre, il évoque une saison avec Matthieu Boyer qui, sans les règlements, auraient dû permettre au Puy Foot II d’accéder en CFA2 – « On est quand même passé de R3 à presque CFA2 ! » – et, une autre, très récente, celle de l’accession en National 3 (ex-CFA2), en 2019, avec Christophe Mourier, et notamment le match de la montée à Domérat, remporté 6 à 1 !

Mais au fait, c’est quoi le rôle du dirigeant / accompagnateur en équipe II ? « Il s’occupe de la feuille de match (tablette), des maillots, des changements, c’est un peu le porteur d’eau, sourit Eric; en fait, il fait tout un tas de petites choses qui libèrent le coach, afin que ce dernier ne pense qu’à son rôle d’entraîneur ! Il m’est arrivé de dépanner en équipe I, mais je suis très bien avec la II ! »

A la buvette, en cuisine, il est partout !

Au Puy Foot, on peut aussi voir Eric derrière la buvette le jour des matchs, avec son complice Yves Vigouroux, alias « Zizou », ou encore Eric Sahuc, qu’il a connu éducateur au club ! Parfois, on le trouve aussi en cuisine ! « Je suis un peu polyvalent ! ».

A 52 ans, il fait sans conteste partie de ces personnes qui ne comptent pas leurs heures. Ces personnes que l’on appelle les bénévoles, vous savez, ceux qui, malheureusement, se font de plus en plus rares dans les associations. « C’est vrai que les bénévoles, ça commence à diminuer… Y’en a pas mal qui ont arrêté, certains pour des raisons personnelles, d’autres parce qu’ils ont pris de l’âge, tout simplement. Bénévole, c’est une pièce rare. Des gens comme Jean-Marie (Randier), Roger (Aymard), Zizou, Denis (Teyssier), pour ne citer qu’eux*, on n’en trouve plus beaucoup. »

Mais cet ancien joueur de foot de niveau District – « J’étais attaquant, en équipe II, à Arsac; mon frère, lui, jouait gardien en équipe I et ma soeur en féminines au Puy » -, qui s’est aussi essayé au rugby en minimes, « Mais je n’ai pas accroché, alors que mon père est vraiment très branché rugby », est aussi trésorier de l’association de quartier « Taulha’Quoi » : « J’ai toujours donné de mon temps. A l’association, on trouve de la gym, de la chorale, du vélo, etc., je donne aussi un coup de mains aux nuits de Saint-Jacques et au trail de Saint-Jacques ! »

« J’aime les ambiances familiales et conviviales ! »

C’est aussi parce que son emploi du temps le lui permet qu’Eric, employé à la CELNAT (agriculture biologique), à Saint-Germain-Laprade, est un peu partout, sur le terrain, mais aussi … sur son vélo : il n’est pas rare, en saison, de le croiser à Massot, au retour d’une de ses sorties avec les amis : « J’ai une prothèse à la hanche, alors, comme je ne pouvais ni faire de la marche, ni courir, je me suis mis au vélo. On est une bande de collègues, on se retrouve le vendredi ! »

Du bout des lèvres, il concède aussi que, depuis son arrivée au club, il y a plus de 20 ans, le football a changé. « Plus on monte de niveau, plus on le constate. Il faut suivre cette évolution, ce que tout le monde n’accepte pas. D’un côté, on veut que le club soit toujours au haut niveau, de l’autre, on ne veut pas comprendre qu’il y a des évolutions à suivre, des contrats, des choses comme ça, c’est le foot ! Avec l’équipe II, c’est différent, l’équipe est constituée de joueurs plus jeunes, souvent du cru, de la région. »

En fait, Eric se nourrit des rencontres, des ambiances, si possible familiales, conviviales : « Oui, c’est ce que je recherche, poursuit-il, avec sa gentillesse légendaire; Après, j’essaie de rester à ma place. De m’adapter aux gens. Par exemple, depuis un an et demi, avec Lionel (Vaillant) et depuis cette année avec Quentin (Rousset), je trouve qu’on forme un bon petit trio ! Lionel est quelqu’un de facile, de convivial, il connaît beaucoup de monde, il connaît bien son boulot ! ».

*Le Puy Foot 43 remercie ses principaux bénévoles, parmi lesquels : Eric Teyssier, Jean-Marie, Roger Aymard, Yves Vigouroux (Zizou), Denis Teyssier, Gérard Ferret, Gilles Jouve, Christophe Deleau, Laurence Pays, Valérie Teissedre, Annie Souvignet, Robert Gentes, Momo Bouachmir, Philippe Thiebault, Marie Deberle, etc. (liste non exhaustive).

Rencontre avec l’entraîneur-adjoint de l’équipe réserve (Régional 1), dont les missions sont multiples au club. A 25 ans, ce bourreau de travail a soif de se perfectionner dans son domaine de prédilection : la préparation physique !

Photos Sébastien Ricou #LPF43

Quentin Rousset respire la gentillesse, la bonne humeur, l’humilité, et son côté naturel le rend très sympathique. Si vous passez régulièrement dans les travées du complexe sportif Massot, alors vous avez forcément croisé son sourire.

Tout cela cache aussi une autorité naturelle et une grande force de travail chez ce Ponot de 25 ans, arrivé au Puy Foot durant l’été 2019 après une première expérience professionnelle d’une saison à Blavozy, là où il a grandi. « Je suis de « Blavo » ! Je suis allé à l’école là-bas, et j’ai commencé le foot à l’Entente Blavozy / Saint-Germain à l’âge de 5 ans ! J’ai joué jusqu’en seniors, au poste d’ailier gauche; certains coachs me disaient que je ne savais pas défendre ! J’en profite pour leur souhaiter une bonne saison en R1, j’espère qu’ils réaliseront leurs objectifs. Je ne me fais pas de souci pour eux, avec Thomas Lhoste comme entraîneur ».

Il postule le matin, il est engagé l’après-midi !

Après sa saison 2018-19 à « Blavo », sa première au poste de préparateur physique – « J’étais service civique et parallèlement je terminais mon Master, je remercie d’ailleurs Pascal Pezaire et l’ensemble des dirigeants qui m’ont offert mes premières expériences de travail «  -, Quentin postule au Puy Foot.

Il contacte Christophe Mourier, le coach de la réserve fraichement promue en National 3 : « Je lui ai envoyé un mail à 11h, puis Olivier Miannay, le manager, m’a téléphoné à midi, et à 14h, j’étais dans son bureau ! »

Le profil de Quentin intéresse : il a déjà entraîné des jeunes à Blavozy et aussi à Montferrand durant ses années clermontoises, lorsqu’il était étudiant en STAPS. Résultat, il va s’occuper des U12 et de la « prépa » de l’équipe réserve, où Lionel Vaillant arrive en remplacement de Christophe Mourier.

Un véritable couteau suisse !

Cette saison, Quentin est partout ! En équipe réserve (R1) où il arbore la casquette d’entraîneur-adjoint responsable de la préparation physique, sa mission principale. Avec les U12. Et ce n’est pas tout : le mardi, il intervient avec les seniors féminines D2F pour une séance athlétique, et on le voit de plus en plus souvent avec l’équipe fanion de National 2, sans oublier son rôle avec la formation et la préformation, où il aide les éducateurs. Un vrai couteau suisse !

« En ce moment, avec le confinement, j’envoie les programmes à suivre des U12 aux U18, en fonction des demandes de Jérémy (Sahuc, responsable de la préformation); ça peut être de l’entretien ou un cycle de développement, des choses différentes en fonction de la catégorie. On utilise aussi des applications pour la course, qui permettent de surveiller ce qu’ils font, s’ils le font et dans quel état de forme ils sont. La course ne remplace pas le travail musculaire : il y a aussi la « renfo » et les appuis. Si on les oblige à nous envoyer une capture d’image de leur course, en revanche, on leur fait confiance pour le reste. Après, c’est à nous de leur expliquer pourquoi ils doivent faire ça et c’est à eux de comprendre. »

« En fait, je continue ma formation »

Avec le groupe seniors de National 2, entraîné par Roland Vieira, Quentin intervient en complément de Bertrand Dupuis, le « prépa physique ». L’idée est simple : permettre aux joueurs qui se blessent d’être accompagnés. « Plutôt que de rester seuls dans leur coin pendant que Roland et Bertrand animent la séance, je les prends en charge. Ce travail s’effectue en collaboration avec Yohan Cumine, le kiné. »

Toutes ces missions occupent bien ses semaines et ses week-end, quand bien même le virus a stoppé la compétition. Mais le travail ne fait pas peur à ce titulaire d’une licence STAPS en « préparation physique à la performance » et « éducation-motricité » (ce dernier diplôme lui permet d’enseigner le sport dans les écoles primaires), qui a ensuite validé un Master « enseignement ».

« J’aime apprendre, vivre un maximum d’expériences, poursuit-il ! Je savais que je voulais travailler dans le domaine de la performance du sportif, réfléchir à « Comment le rendre plus performant, meilleur, afin qu’il puisse évoluer à des échelons supérieurs ». J’ai la chance de travailler dans mon département, dans le club phare, où la philosophie est de former les jeunes afin qu’ils puissent être appelés en R1 ou en N2, et qu’ils soient capables de supporter les charges d’entraînement. En fait, je continue ma formation. J’apprends toujours. J’aime ça. En côtoyant Lionel (Vaillant), j’ai appris plein de choses sur l’aspect coaching notamment; ça me permet d’adapter mes séances en fonction des besoins du joueur : les courses, par exemple, ne sont pas les mêmes pour un milieu défensif ou un défenseur latéral. Avec Bertrand (Dupuis) et Roland (Vieira), je m’inspire de certaines choses, des séances, je les reprends à ma sauce, ça me permets de me diversifier. Je suis allé voir des séances à Lyon, à Nice. »

On appelle cela, la soif d’apprendre !

Rencontre avec le nouveau milieu relayeur du Puy Foot, arrivé cet été de Bayonne (National 3), et qui pourrait bien être l’une des révélations de la saison !

Hassimi Fadiga s’est présenté à notre rendez-vous en affichant son sourire communicatif et sa bonne humeur habituelle. Bon, il avait du retard et déjà envoyé plusieurs textos plus ou moins approximatifs sur son horaire d’arrivée. C’est que son mercredi après-midi était chargé : séance d’entraînement spécifique à Massot, coiffeur … et nous !

Arrivé sur la pointe des pieds en tout début de saison en provenance de l’Aviron Bayonnais (National 3) – Il fut, avec Quentin Canales et Baptiste Guyot, l’une des trois premières recrues officielles du mercato estival -, il a très vite trouvé ses marques et démontré, notamment lors des matchs amicaux, une grosse activité au milieu de terrain et de réelles qualités de footballeur.

Malheureusement, son bel élan a été freiné dès le premier match de championnat, à Massot, le 29 août, face à Romorantin, où il a prématurément quitté ses coéquipiers, victime d’une entorse à la cheville.

Quatre semaines plus tard, il a refait son apparition dans le groupe à Colomiers, où il a remplacé Rafik Boujedra à la 70e minute de jeu. Depuis, « Hass », comme on l’appelle ici, bosse pour progresser et se faire une place dans ce bel effectif ponot : « On a une belle équipe, on a un bon groupe, avec des bons joueurs. Franchement, ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu connaître au niveau de la qualité des joueurs. Bon, la ville, ce n’est pas Bayonne, mais ça va, hein ! »

Première saison en National 2

Né à Bourges (Cher), Hassimi a touché ses premiers ballons à l’âge de 8 ans au SO Châtellerault, avant de partir une saison en U17 Nationaux au Stade Poitevin, chez le voisin : « Ensuite je suis revenu à Châtelleraut pendant 3 ans. C’est là que j’ai effectué mes débuts seniors en Régional 2, avec la réserve, et je m’entraînais avec l’équipe première en CFA2 ».

La suite le mène à Montmorillon : « J’ai suivi le coach de la réserve de Chatellerault, Yassine Tahoune, qui est parti en Régional 1 à Montmorillon, en cours de saison. Et on est monté en National 3 ! ».

Après trois saisons en N3, le milieu relayeur de 23 ans possède les qualités pour s’imposer en National 2 (puissance, vivacité, crochet court, activité, frappe, etc.). « Je dois travailler et progresser tactiquement, confiait-il néanmoins l’été dernier, à son arrivée au Puy Foot ».

Hassimi Fadiga du tac au tac

  • La première chose que tu fais le matin ?

Je me brosse les dents, je prends ma douche, je prie, je mange.

  • Tes occupations en dehors du foot ?

Netflix, balade à Saint-Etienne ou à Lyon.

  • Ce qui t’énerves le plus ?

L’injustice.

  • Le rêve qui tu aimerais réaliser ?

Être footballeur, un vrai footballeur, un vrai pro, jouer plein de matchs, genre la Ligue des Champions, ça serait mon kiffe !

  • Un animal ?

Le guépard ! Parce que j’ai des bons appuis.

  • Musique ?

Du Rap, j’écoute Ninho en ce moment.

  • Le cinéma ?

Je regarde plutôt des séries.

  • Le joueur le plus fort avec lequel tu as joué ?

Je dirais au Puy, où y’a des bons joueurs, comme Rafik (Boujedra) ou Saad (Trabelsi) entre autres.

  • Le coach que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir ?

Yassine Tahoune. C’était mon ancien coach à Montmorillon.

  • Un geste technique ?

La feinte de corps.

  • Une ville, un pays ?

Conakry, la Guinée. J’aime bien Montpellier aussi, même si je n’y suis jamais allé, mais on m’a dit que c’était bien !

  • Un club, un stade ?

Le Parc des Princes et le FC Barcelone. Je suis pour Paris Saint-Germain et pour le Barça. 

  • Ton meilleur souvenir ?

Des vacances en Espagne et en Pologne.

  • Meilleur souvenir sportif ?

La saison passée contre Nantes en 32e de finale de la Coupe de France, on avait joué sur le stade de rugby, à Jean-Dauger, à Bayonne, on avait perdu 2 à 0.

  • Pire souvenir ?

Une pubalgie, y’a 3 ans, quand j’étais à Châtellerault.

  • Ton plus beau but ?

Avec Montmorillon, une frappe contre l’Isle (commune près de Limoges) !

  • Le joueur le plus connu de ton répertoire ?

(Il regarde son répertoire !) Si ça se trouve, c’est Alexy Bosetti ! Omar Benzerga aussi, il est de Châtellerault (il a joué à Lille et Nantes notamment).

  • Après un match, tu fais quoi ?

Je rentre chez moi, je mange et je me repose devant la télé !

  • Une anecdote de vestiaires ?

Quand on a été champion en Régional 1 avec Montmorillon y ‘a 3 ans et qu’on est monté en National 3 ! 

  • Des cartons rouges ?

Un seul.

  • Ton après football, tu le vois comment ?

Si je peux, j’aimerais rester dans le foot.

  • Si tu n’avais pas été footballeur ?

Peut-être que j’aurais été rappeur, chanteur (rires) ; j’aime bien la musique, mais ma mère n’aurait jamais accepté. !

  • Ton dernier texto ?

(Il regarde son téléphone) A Eddy Calogine, un ancien coéquipier à Bayonne, il joue à Tartas cette saison.

  • Une appli ?

Snapchat.

  • Tes qualités ?

Je rigole tout le temps, je suis jovial, souriant, joyeux !  

  • Tes défauts ?

Je suis … (il réfléchit) en retard ? Enfin, pas trop quand même…

  • Le don de la nature que tu aimerais avoir ?

J’aimerais bien voler !

  • Au volant, tu es plutôt…

Pas trop prudent… Mais je ne suis pas imprudent !

  • A l’école, tu étais plutôt …

Pas très très bon …

  • Un surnom ?

« Hass »

  • Tu aimes ton prénom ?

Oui, beaucoup, il est rare !

  • Ton plat préféré ?

Le thiep au poulet.   

  • Les aliments que tu n’aimes pas ?

Y’en a beaucoup, je suis difficile, les tomates, le fromage, les oignons…

  • Une boisson ?

En ce moment, le Coca cherry. Tu ne me demandes pas pour les alcools (rires) ??!

Voir aussi l’article sur Hassimi lors de sa signature au Puy Foot :

A 20 ans, le défenseur central prêté par l’AC Ajaccio, qui n’avait jamais quitté son île, fait preuve d’une grande maturité et s’est immédiatement fondu dans le moule. Une adaptation facilitée par son côté sociable et sa force de caractère.

Lucas Pellegrini est arrivé au rendez-vous avec la banane. Avec le sourire aux lèvres. Comme à son habitude !

Ce visage éclatant, rayonnant, il l’avait déjà quelques jours seulement après son arrivée au Puy, cet été, alors qu’il venait, pour la première fois de sa carrière, de quitter son île (la Corse), son village (Afa), sa ville (Ajaccio), son club (l’ACA), son cœur. C’est dire si son adaptation a été rapide dans le Velay, où il est très heureux !

Le nouveau défenseur central, prêté par l’AC Ajaccio, aime la vie, aime les gens, cela se voit, cela s’entend … avec l’accent (corse bien évidemment) !

Dans ses bagages, Lucas, d’une étonnante maturité malgré ses 20 ans, a apporté le soleil, sa personnalité, son énergie débordante, sa présence, sa prestance, sa grinta, son état d’esprit. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il a transformé le groupe mais pas loin.   

Lucas aime aussi son chien et la pêche. Il aime par-dessus défendre, ne pas encaisser de but, gagner ; quand il foule une pelouse, il ne pense qu’à ça, comme s’il était habité.

Un dur au mal

Le parcours de ce titulaire d’un bac S – « Avec mention » – n’a pour l’heure que trois lignes : Afa, l’AC Ajaccio et Le Puy Foot ! « J’ai commencé dans mon village, à Afa, puis quand je suis rentré en 6e, j’ai fait deux ans de classes football et en même temps, je jouais à l’AC Ajaccio. Puis en 4e et 3e j’ai intégré le pole espoirs, avec des horaires aménagés, mais je n’étais pas pensionnaire du Centre, je rentrais chez moi le soir ! Ensuite, il y a eu la squadra corse, les pré-France en U17, et un contrat de 3 ans d’aspirant à l’ACA ; avant la fin de mon contrat, je jouais en National 3, et après le bac, j’ai fait le choix du foot ! J’ai signé stagiaire-pro 2 ans mais au bout de la première année, je suis passé pro (3 ans). »  

Sur le visage de ce dur au mal, on perçoit les stigmates de ses combats, tels ceux d’un boxeur : « Ma cicatrice sur le front ? C’était en amical, cet été, avec Ajaccio, je suis monté à la tête et j’ai percuté un joueur de mon équipe, mais je n’ai pas eu mal, il m’en faut plus ! ».

« J’ai pris goût à défendre ! »

Sur le pré, Lucas n’a pas toujours évolué derrière : « J’ai commencé défenseur central vers 17 ans, pour jouer avec la catégorie au-dessus en U19 nationaux. Sinon j’étais 6 et même 10. En pro, j’ai commencé au milieu mais après une discussion avec le coach, Olivier Pantaloni ; il a pensé que ce serait mieux que je recule si un jour je voulais jouer au plus haut niveau. Moi j’étais d’accord, j’adore ce poste, je m’épanouis plus, j’ai pris goût à défendre (sourire) ! »  

L’idée d’un prêt, quant à elle, a germé vers décembre dernier. Mais Lucas s’est blessé et quand il a repris, la Covid-19 est arrivée, avant que le confinement ne complique tout ! « Après, il y a eu l’appréhension de quitter mon île, mais quand j’ai eu le coach Vieira au téléphone, j’ai senti le projet, et je me souviens avoir appelé mon père, avec qui je suis très proche, dans la foulée. Je lui ai dit : « Papa, ce coach, je sens qu’il veut faire quelque chose avec moi ! Du coup, j’ai foncé ».

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Lucas Pellegrini du tac au tac

  • La première chose que tu fais le matin ?

Je bois le café.

  • Tes occupations en dehors du foot ?

Ici, au Puy, je passe beaucoup de temps avec mes coéquipiers, mais c’est vrai qu’elles ont pas mal changé ! En Corse, j’aimais beaucoup aller à la pêche, passer du temps avec mon p’tit frère, aller au village à Afa avec mes amis.

  • Le rêve qui tu aimerais réaliser ?

Jouer au plus haut niveau possible.

  • Un animal ?

Le chien ! J’ai un boxer, mais il est resté en Corse.

  • Musique ?

Les chants corses ! Je joue de la guitare, je chante un peu avec mes amis.

  • Le cinéma ?

Je regarde beaucoup de séries, en ce moment, c’est « Power ».

  • Un film culte ?

Creed II

  • Le joueur le plus fort avec lequel tu as joué ?

A ce jour, c’est Johan Cavalli.

  • Le coach que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir ?

Michel Mezzo à Afa.

  • Un geste technique ?

Un tacle (rires) !

  • Une ville, un pays ?

Ajaccio et la Corse.

  • Un club, un stade ?

Le stade François Coty et l’AC Ajaccio.

  • Ton meilleur souvenir ?

La naissance de mon p’tit frère. Il a 11 ans, il s’appelle Lisandru, on prononce « Lisandr », ça veut dire Alexandre !

  • Meilleur souvenir sportif ?

Ma première rentrée en Ligue 2 contre Troyes.

  • Pire souvenir ?

Y’en a eu tellement, des matchs perdus, qu’on n’aurait pas dû perdre

  • Ton plus beau but ?

Une tête contre l’OM en U17 Nationaux, je coupe la trajectoire au premier poteau !

  • Le joueur le plus connu de ton répertoire ?

Je pense maintenant que c’est Alexy Bosetti ou David Oberhauser, sinon, y’en a pas mal, Johan Cavalli, Mathieu Coutadeur, Jérémy Choplin, Gaëtan Courtet, Cédric Avinel, etc.

  • Après un match, tu fais quoi ?

J’appelle mon père.

  • Une anecdote de vestiaires ?

Dans le vestiaire d’Ajaccio, on ne peut jamais être tranquille, il va toujours se passer quelque chose, y’a toujours un « coup » en douce qui se prépare, de la mousse à raser dans les chaussures, des lacets coupés, ça reste bon enfant !

  • Des cartons rouges ?

Oui, un seul contre Saint-Etienne en Gambardella, juste après mon but, il y avait « Coco » dans les cages (Corentin Bariol) ! On menait alors 3-0, puis celui qui est rentré à ma place a aussi pris un rouge juste après et on a fini à 9 ! On a gagné 3-2 !

  • Ton après football, tu le vois comment ?

Franchement, c’est loin, mais je pense rester dans le football.

  • Si tu n’avais pas été footballeur ?

Avant d’opter pour le foot après le bac, je devais ou bien partir à l’armée pour être pilote de chasse à l’armée ou bien intégrer une école supérieure d’architecture, où j’avais été accepté. Je pense que pilote de chasse, ça m’aurait plu, mais être tout le temps dans un bureau d’architecte, pas sûr…

  • Des tocs, des manies ?

Je rentre du pied gauche sur le terrain.

  • Ton dernier texto ?

Tu vas me mettre dans l’embarras-là… (Il regarde son téléphone). A mon ami, Guillaume !

  • Une appli ?

Snapchat.

  • Tes qualités ?

Je suis tout le temps en train de rigoler ! Je ne laisse jamais tomber ! Je suis sociable, j’aime bien faire attention à tout le monde, prendre soin de tout le monde.

  • Tes défauts ?

La nervosité, l’impulsivité, mais j’ai fait un travail là-dessus.

  • Un dicton ?

« A vita hè corta è u tempu ùn aspetta ». Ça veut dire, « la vie est courte et le temps n’attend pas ». Je ne veux pas avoir de regret et je veux tout vivre à 100 % !

  • Le don de la nature que tu aimerais avoir ?

J’aimerais bien lire dans les pensées !

  • Si tu étais quelqu’un d’autre ?

Mon père.

  • Au volant, tu es plutôt…

Dangereux ! J’ai eu pas mal d’accidents de voiture !

  • A l’école, tu étais plutôt …

Plutôt fort !

  • Ton meilleur souvenir de vacances ?

Je suis parti camper en bateau avec des amis, en méditerranée, en Corse ! Je suis déjà parti en vacances, mais mes meilleurs souvenirs, c’est en Corse !

  • Un surnom ?

Pour m’embêter, dans le vestiaire, à Ajaccio, on m’appelle le bandit, ici un peu aussi, ou le voyou !

  • Tu aimes ton prénom ?

(ferme) Oui !

  • Ton plat préféré ?

L’entrecôte ou la côte de bœuf.

  • Les aliments que tu n’aimes pas ?

Le brocoli… rien que l’odeur!

  • Une boisson ?

Un sirop à la menthe. Tu as coupé ? Alors vodka (rires) !

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National 2 (journée 7) : US Colomiers – Le Puy Foot 43, samedi 26 septembre à 18h, stade Capitany 1.

A 23 ans, le Nantais a fait le pari de quitter sa région et son club de coeur, où son contrat professionnel s’est terminé en juin : un choix que le milieu défensif ne regrette absolument pas !

Teddy Bouriaud a des yeux de cocker, le sourire charmeur et respire la gentillesse ! Sur le terrain, sa vision du jeu, sa technique, son travail de l’ombre pour récupérer les ballons et ses longues ouvertures ont séduit les habitués du stade Massot.

Après 23 ans passés dans sa Loire-Atlantique natale – il est né à Saint-Herblain, tout près de Nantes -, le milieu défensif a quitté le cocon pour tenter le pari du Puy Foot : « Ils m’ont harcelé ! » raconte le milieu défensif en parlant des dirigeants ponots, en particulier Olivier Miannay, le manager général. « C’est sûr que ça m’a donné envie de venir. Je n’avais plus joué depuis des mois, j’avais besoin de retoucher le ballon, c’est ce qui m’importait le plus. »

« Je ne pensais pas qu’au Puy Foot, c’était aussi pro ! »

Et ce départ à 650 kilomètres de la Beaujoire et de la Jonelière ? « ça m’a permis de changer d’air aussi, ça fait du bien, et puis je dois vous avouer que je ne pensais pas qu’ici, au Puy Foot, c’était aussi professionnel. Je pensais que le club était plus amateur, que ça ce serait moins bien… Je suis agréablement surpris. En plus, on a une bonne équipe, avec beaucoup de joueurs qui ont connu le niveau pro. »

Le compliment ira certainement droit au cœur des dirigeants du Puy Foot qui, il est vrai, font tout pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles.

La rénovation de la tribune Massot, les nouveaux vestiaires, la salle de musculation, évidemment, ont changé la donne. L’ancien capitaine de la réserve du FC Nantes et ex-international U16, U17, U18, U19 et U20 (25 sélections), qui va retrouver ses anciens coéquipiers samedi à Massot en championnat à 17h, n’est pas le seul à l’avoir remarqué !

Championnat National 2 (journée 6)

Samedi 19 septembre 2020 – Le Puy Foot 43 – FC Nantes B, à 17h, au stade Massot.

Son CV

Teddy Bouriaud – n°27. Né le 3/01/1997 (23 ans) à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Au club depuis 2020. Parcours : RC Retz (2003-10), USSA Vertou (2010-11), FC Nantes (2011-2020).

Teddy Bouriaud du tac au tac

  • Tes occupations en dehors du foot ?

Je lis pas mal, je regarde des séries et je viens à Massot pour faire ma « muscu ». En ce moment, je lis des livres sur le développement personnel, sur le cerveau, j’aime bien savoir comment ça fonctionne. La préparation mentale m’intéresse, me passionne : je pense que lorsqu’on est bien dans sa tête, on est bien sur le terrain. Si j’ai un préparateur mental ? Non, mais je prends ça au sérieux.

  • Le rêve qui tu aimerais réaliser ?

Jouer en Ligue 1.

  • Un animal ?

Le guépard, il court vite et il est malin, pas comme moi ! J’aimerais bien lui ressembler !

  • Musique ?

J’écoute du rap, du RnB.

  • Une chanson culte ?

Oui, Jack Fuego de PLK.

Ecouter Jack Fuego de PLK :

  • Le cinéma ?

Que l’hiver ! Là, il fait trop chaud ! J’aime bien les films d’action.

  • Acteur, actrice ?

Will Smith.

  • Le joueur le plus fort avec lequel tu as joué ?

Ousmane Dembele (en équipe de France jeunes), Amine Harit et Allan Saint-Maximin.

  • Le coach que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir ?

René Girard, à Nantes, j’avais bien aimé.

  • Un geste technique ?

La roulette, façon Zidane, c’est culte !

  • Une ville, un pays ?

Les Etats- Unis, je n’y suis jamais allé, il faudrait que j’y parte en vacances, à Miami par exemple !

  • Un club, un stade ?

La Beaujoire, à Nantes ! J’y allais tout petit, j’y ai ramassé les ballons même, quand l’équipe de France est venue jouer.

  • Un joueur nantais ?

Valentin Rongier (OM), un modèle dans le travail et sur le terrain.

  • Meilleur souvenir ?

Les qualifications de l’Euro avec l’équipe de France en U17 

  • Pire souvenir ?

Quand je m’entraînais avec les pros à Nantes en 2016 et que l’on m’a fait redescendre sans raison : j’avais effectué toute la prépa avec l’équipe de Ligue 1 et quand René Girard a été remplacé par Sergio Conceiçao, je suis retourné en réserve sans explication.

  • Ton plus beau but ?

Un coup franc contre Chartres en National 2 !

  • Ton meilleur match ?

Contre Fontenay y’a deux ou trois ans je crois, toujours en National 2, j’avais mis un doublé, un penalty et un but dans le jeu !

  • Le joueur le plus connu de ton répertoire ?

Valentin Rongier

Bertrand Dupuis, le préparateur physique du Puy Foot, entre dans le bureau à cet instant. Teddy : « On a un très bon préparateur physique aussi … » (rires) !

  • Après un match, tu fais quoi ?

Souvent, je reste avec ma famille.

  • Une anecdote de vestiaires ?

Une belle fête après le titre de champion de N3 avec la réserve du FC Nantes, on avait été champion de notre groupe en 2018.

  • Des cartons rouges ?

Aucun !

  • Ton après football, tu le vois comment ?

Franchement, je n’y pense pas, même si j’ai commencé à préparer quelques diplômes d’entraîneur. Pour l’instant, je me concentre sur ma carrière.

  • Si tu n’avais pas été footballeur ?

J’aurais fait préparateur physique ou kiné.

  • Des tocs, des manies ?

Non, mais je tire souvent la langue. Regarde sur les photos !

  • Ton dernier texto ?

A ma maman, qui prenait de mes nouvelles, je lui ai dit que j’allais bien ! je suis très proche de ma famille.

  • Une appli ?

Instagram

  • Tes qualités ?

Je suis gentil, à l’écoute,

  • Tes défauts ?

Je peux être susceptible. Et j’ai quand même mon caractère : quand ça ne me plait pas, ça ne me plait pas ! Ah, oui, et je suis procrastineur, je repousse les choses, hein !

  • Un dicton ?

« Never give up ! » (N’abandonne jamais).

  • Première chose que tu fais le matin au réveil ?

Je me rince le visage dans la salle de bain.

  • Ce qui t’énerve le plus dans la vie de tous les jours ?

L’égoïsme.

  • Le don de la nature que tu aimerais avoir ?

J’aimerais bien voler !

  • Si tu étais quelqu’un d’autre ?

Iniesta

  • Au volant, tu es plutôt…

Je suis sérieux !

  • A l’école, tu étais plutôt …

Sérieux aussi !

  • Ton meilleur souvenir de vacances ?

Zanzibar, ça m’a vraiment dépaysé !

  • Un surnom ?

Ted !

  • Tu aimes ton prénom ?

Oui, mais je ne me suis jamais posé cette question !

  • Ton plat préféré ?

Une côte de boeuf.

  • L’aliment que tu n’aimes pas ?

Je n’aime pas trop le pamplemousse ou alors avec du sucre, ni le saumon fumé !

  • Une boisson ?

Le coca

Teddy en vidéo !

Rencontre avec le nouveau milieu offensif ponot de 27 ans, formé à Nantes, et passé par Cholet en National.

Saad Trabelsi a débarqué au Puy auréolé d’une belle réputation. Et un peu à la surprise générale.  

Le milieu offensif formé à Nantes avait des sollicitations en National, mais il fonctionne à l’affect, au discours : « Non, je n’ai pas peur de descendre d’un cran, lance-t-il ; quand j’ai résilié mon contrat avec Cholet, j’ai surpris tout le monde en disant que je partais au Puy. J’avais envie de voir autre chose. Cela s’est fait naturellement. J’ai eu de meilleures propositions, mais la confiance est importante, et même si je n’étais pas chaud pour aller en N2, ici, j’ai trouvé que le discours du coach Roland Vieira me correspondait, et celui d’Olivier (Miannay, manager du club) aussi. Et déjà, je ne le regrette pas, on a de très bon joueurs, les jeunes sont très respectueux, mais bon, une saison c’est long ! »

Dès les premières séances avec le ballon, Saad a fait étalage de ses qualités techniques et son intelligence de jeu, sa marque de fabrique : « Mon profil ? Je suis technique, rapide, je peux jouer en numéro 10 ou sur les côtés. Je suis droitier mais c’est vrai que, paradoxalement, j’ai plus de facilité à gauche, même ici au club, en arrivant, beaucoup de coéquipiers pensaient que j’étais gaucher ! J’ai été formé à la Nantaise : j’essaie d’être toujours disponible, d’être vu, de réfléchir, de trouver l’espace idéal, d’avoir un temps d’avance. Pour cela, ça demande d’être en mouvement tout le temps. »

A Nantes, Der Zakarian lui reproche son côté frêle !

De son passage au FC Nantes (2011-2015), Saad garde forcément de très bons souvenirs et un regret : celui de ne pas avoir eu sa chance en pro. « J’ai d’abord signé un an en amateur mais très vite, au bout de quelques mois, le club m’a dit que j’allais signer pro. Je commençais à avoir des sollicitations et comme j’étais libre de partir où je voulais en janvier, ça s’est accéléré, mais une pubalgie a freiné les ardeurs des autres clubs. Loïc Amisse, le coach de la réserve, croyait en moi. Landry Chauvin m’a fait signer pro puis il a été remplacé par Michel Der Zakarian, qui me reprochait mon côté frêle, alors que je faisais de bonnes prestations en réserve. C’est sûr que mettre de l’impact physique, ce n’est pas mon registre ! »

Dès sa première saison en pro, alors que Nantes est en L2, il est titulaire à deux reprises en coupe de France. Saad disputera un bout de match de championnat au stade Parsemain, à Fos, contre Istres, lors de la 38e et dernière journée (2-2, le 24 mai 2013), huit mois après sa première apparition à La Beaujoire face à Lens (3-0, le 29 septembre 2012).

« J’avais signé 2 ans et puis le club a été interdit de recrutement. On m’a proposé de prolonger, ce que j’ai fait, mais ma situation n’a pas changé, y’a des jeunes qui sont passés devant moi. Sans dénigrer personne, je méritais largement autant qu’eux. Ensuite, j’ai préféré partir. Au départ je cherchais plutôt Ligue 2 ou National mais je n’avais pas d’agent, c’était compliqué, et le président de Cholet m’a appelé. »

Joueur le plus assidu à Cholet pendant 5 ans

Avec le SOC, il accède en National, puis dispute trois saisons pleines à ce niveau. Sur les cinq dernières saisons avec le club du Maine-et-Loire, Saad est celui qui a disputé le plus de matchs (une centaine !). « Je pensais que le National n’était pas un championnat fait pour moi mais finalement j’ai trouvé que c’était plus facile qu’en N2, on a plus d’espace, on joue plus de « un contre un ». Au moins, cette saison, il sait à quoi s’attendre.

Le natif de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, a effectué toutes ses classes à l’AS Saint-Amandoise des débutants à U14, avant de filer dans le « grand » club de Bourges, le « Bourges 18 », qu’il va recroiser en championnat : « Je suis arrivé en 15 ans et on est monté en 16 ans Nationaux, puis j’ai intégré l’équipe fanion en CFA2. Et quand on a affronté l’équipe II du FC Nantes, entraînée par Loïc Amisse, j’ai mis un superbe but… Le coach nantais voulait me ramener dans le bus du retour ! »

Le Franco-tunisien de 27 ans, fan de Franck Ribéry – « A ses grandes heures ! » – et de Cristiano Ronaldo – « Pour sa faculté à être décisif dans les grands matchs » – se sent déjà bien en Haute-Loire, où il est installé avec sa petite famille à Grazac, entre Saint-Vidal et Chaspuzac.

Il a aussi longtemps hésité entre le ballon rond et les études : « J’ai obtenu mon bac S, mais franchement, je ne savais pas quoi faire… Je me suis décidé au dernier moment pour m’inscrire en fac de médecine à Tours, mais ça ne me bottait pas plus que ça, on s’y est pris au mois d’août pour trouver un appartement, et puis y’a avait une fac de sciences à Bourges, alors j’y suis allé deux ans, il me restait un an pour valider ma licence, et quand j’ai signé à Nantes, le club m’a proposé de rattraper ma dernière année sur deux ans. J’ai dit « On fait un an et on voit comment ça se passe. Si ça se passe bien, je resterai dans le foot… »

Et depuis, Saad (« Saad » veut dire heureux) est resté dans le foot !

Son parcours

  • 1998-2006 : Saint-Amandoise
  • 2006-2011 : Bourges 18
  • 2011-2015 : FC Nantes
  • 2015-2020 : SO Cholet
  • Depuis juillet 2020 : Le Puy Foot 43

Avec Quentin Canales (Limonest) et Baptiste Guyot (Romorantin), le natif de Bourges, dans le Cher, est l’une des trois premières recrues ponotes. Ce milieu de terrain relayeur de 23 ans arrive de Bayonne, en National 3, précédé d’une jolie réputation. A lui de confirmer à l’étage au-dessus !

Hassimi Fadiga (son nom de famille est parfois écorné et il n’est pas rare de le voir écrit Fadiaga) est le deuxième joueur en deux ans à passer de l’Aviron Bayonnais au Puy Foot.

Le premier, c’était Jim Allevinah, avec la réussite que l’on sait ! « Oui, je le connais de nom, on m’a parlé de lui à Bayonne » précise Hassimi, qui sait que le National 2 peut être un bon tremplin vers le monde pro, comme ce fut le cas avec Jim, élu dans le onze type de Ligue 2 en 2019-2020 par la bible France Football !

Le natif de Bourges (Cher) n’en est pas encore là. Il a des étapes à franchir. Et des choses à perfectionner. « Je dois travailler tactiquement. A Bayonne, on me demandait beaucoup de choses, ce n’était pas toujours évident. Je dois progresser athlétiquement aussi (il mesure 1,78m et pèse 71kg). »

Formé au SO Châtellerault

Formé au SO Châtellerault, ce joueur élégant, technique, dribleur, est parti à l’âge de 16 ans … oh pas très loin, à 25km, à Poitiers, pour une saison en U17 Nationaux.

Puis il est retourné dans son club de cœur, à Châtellerault : « Là, je me suis entraîné avec l’équipe fanion de CFA2 et je jouais parfois en équipe une, ou avec la réserve en DHR. Idem la seconde année. Lors de ma 3e saison, la CFA2 a été rétrogradée administrativement en DH et j’ai eu une pubalgie. Du coup je suis parti en janvier à Montmorillon, en DH, où j’ai rejoint le coach Yassine Tahoune, c’est lui qui entraînait la réserve déjà à Châtellerault. On est monté en National 3 ! »

Après deux saisons dans la cité du macaron, Hassimi, qui n’est pas de la famille de l’ancien auxerrois Khalilou Fadiga, a ensuite évolué à l’Aviron Bayonnais, toujours en N3 : « Un de mes coéquipiers, Mourad N’Zif (ancien joueur de National à Orléans, Laval, Pau, Red Star et Beauvais notamment), connaissait Oliver (Miannay, le manager du Puy Foot), et lui a parlé de moi. Après mon agent est entré en contact avec lui, et voilà. »

Ce fan de Ronaldinho (et aussi de Robinho) et du PSG, qui n’a pas toujours évolué au milieu de terrain – « J’ai aussi joué attaquant ou sur le côté, et même numéro 10 à Poitiers », et qui se définit comme « Un joueur qui aime les petits périmètres, qui aime casser les lignes, et doté d’une bonne vision du jeu », espère exprimer toutes ses qualités au Puy Foot !

Des qualités que le FC Lorient avait décelées l’été dernier : « J’avais effectué un test avec la réserve lorientaise, puis ils m’ont demandé de faire toute la préparation avec la N2, puis à la fin, malgré beaucoup de remarques positives à mon égard, ils m’ont dit que j’étais trop vieux (il avait alors 22 ans). »

Il n’est pourtant jamais trop tard pour percer, n’est-ce pas Jim ? N’est-ce pas Hassimi ?  

SON CV

Hassimi Fadiga. Né le 19 avril 1997 (23 ans) à Bourges (Cher).

  • Parcours : Aviron Bayonnais (N3, 2019-2020)  Montmorillon (janv. 2017 – 19, DH puis N3), SO Châtellerault (2014-17, CFA2 puis DH), Poitiers (U17 Nationaux, 2013-14), SO Châtelleraut. 

L’entraîneur des U19 Nationaux, témoin privilégié des années ponotes en Division 2, retrace son parcours et pose son regard sur une carrière riche en rencontres et en aventures humaines.

Il est le dernier des Mohicans. Le rescapé de la période faste. Celles des années 1984-1989, lorsque Le Puy s’invitait à la table des grands et se frottait à Saint-Etienne, Lyon, Le Havre, Bastia, Montpellier et tant d’autres, en Division 2 ! 

Pierre-Yves Thomas, c’est l’âme du Puy Foot. Le témoin de la belle époque. Il est le seul, avec, à un degré moindre, David Miallon, à avoir vécu les épopées des Rouge et Noir à Lafayette, puis à Massot.

Ces épopées, il les a non seulement vécues, mais il les a surtout vues de très près : sur le terrain, c’était lui le gardien de but. Le gardien du temple !

Plus de trente ans après avoir écrit les plus belles pages de l’histoire du club, « PYT » (prononcez « Pitt »), comme on l’appelle au club, est toujours au Puy, où il s’est définitivement posé en 2002.  

De Saint-Etienne à l’INF Vichy

Au Puy Foot, le natif de Genève – « J’ai un passeport suisse, mais ça ne me sert à rien ! » -, âgé de 53 ans, a déjà porté de nombreuses casquettes : entraîneur des seniors, des féminines D2, des 14 ans Fédéraux et, depuis trois saisons, des U19 Nationaux.

« J’ai été recruté par Saint-Etienne en cadets nationaux, vers l’âge de 15 ans, j’y suis resté deux saisons » se souvient celui qui était alors installé à Bourg-Argental, au milieu du Pilat, dans la Loire.

Le début d’une belle carrière qui le conduira successivement à l’INF Vichy, centre de formation référence de l’époque, notamment pour les gardiens de but, puis au Puy, à Châtellerault et à Poitiers, où il vivra sa première expérience comme adjoint sur un banc, en Division 2. 

« A Vichy, je suis arrivé au moment où les petits gardiens n’étaient pas à la mode. Je manquais de taille. Jean-Luc Ettori était passé au travers lors de la Coupe du monde 82. J’étais barré par deux gardiens plus athlétiques et plus grands, David Marraud (Nantes) et Claude Barrabé (Montpellier). Alors j’ai été gentiment mis dehors ! Mais je manquais un peu de qualité, j’étais loin des top joueurs. A Saint-Etienne, où j’étais encore lié, je n’étais que le 5e ou 6e gardien »

Cinq sélections en équipe de France Espoirs !

Et voilà que le président du CO Le Puy, Henri Chaize, le contacte pour être doublure à 18 ans, en Division 3 : «  C’est l’année de la montée. Je n’ai pas joué, j’étais réserviste, mais je l’ai vécue ! La saison suivante, la première en Division 2, j’ai manqué les 6 premiers matches et ensuite, j’ai joué ! »

Vichy, en proie à des problèmes de gardiens, le rappelle pour six mois « en alternance » avec Le Puy : « J’ai terminé ma formation à l’INF, où j’ai aussi croisé de très bons joueurs comme Papin et Tholot, alors que j’en avais été exclu, c’est rigolo ! Je faisais juste les entraînements et je revenais le week-end pour jouer au Puy ! »

Au CO Le Puy, il est acteur lors des premières saisons de D2 mais Laurent Chatrefoux le remplace. On est en 1988, Pierre-Yves est alors pensionnaire au Bataillon de Joinville sous les ordres de Roger Lemerre, et côtoie des garçons comme Ginola, Eyraud, Prunier, Marquet, Guérin, Meyrieu, Angloma et aussi un certain Thierry Roumazeilles, bien connu ici ! Il est même appelé cinq fois en équipe de France espoirs ! « Le choix du coach du Puy s’est porté sur Laurent, qui était présent aux entraînements. Je n’ai pas disputé un match. L’année suivante, je suis parti à Châtellerault (D2/D3) pendant cinq ans avant de signer en 4e division (National 2) à Poitiers. »

L’arrêt Thomas avant l’arrêt Bosman ! 

A Châtellerault, il joue les syndicalistes. Ce qui lui vaut un an de suspension par la Ligue ! « Avec mon coéquipier Eric Hély, que j’ai retrouvé cette saison sur le banc de l’OL en U19, je me suis battu contre le statut promotionnel du joueur, qui devait payer toutes ses charges. On sortait de l’INF Vichy et on estimait que l’on devait être reconnu comme professionnel. On y est parvenu, mais sans avoir le statut pro. J’étais dans mon bon droit. Il y a quand même eu une avancée. En tout cas, je n’ai pas eu à payer les charges que l’URSSAF me réclamait ! »

Il n’y aura pas eu d’arrêt « Thomas », contrairement à l’arrêt « Bosman » qui, lui, fera beaucoup plus de bruit deux ans plus tard !

Pierre-Yves débarque à Poitiers en 1993 et vit deux accessions en deux ans ! Et voilà le Stade Poitevin, qui a éliminé le Monaco de Sonny Anderson et Youri Djorkaeff en coupe de France, en Division 2 ! « C’est là que j’ai fait mes premières armes comme entraîneur adjoint de Denis Devaux en D2, mais on est redescendu en National. »

2002, le retour en Haute-Loire

L’appel du banc ne le quitte pas : il rejoint Chasseneuil-du-Poitou, une petite commune près de Poitiers connue pour abriter le Futuroscope.

Quelques années et quelques accessions plus tard, en PL, PH, DHR et DH, il fait le choix familial de rentrer en Haute-Loire : « J’y suis aussi revenu pour une mutation professionnelle : la commune de Rosières et son maire, envers qui je suis très reconnaissant, Adrien Gouteyron (ancien vice-président du Sénat), m’ont accueilli comme fonctionnaire. La Haute Loire, c’est aussi la région de ma femme, qui est ponote. Ici, il y a une qualité de vie. On est bien au Puy ! J’y ai connu tant de choses, comme ce match mythique en D2 à Geoffroy-Guichard devant 42 000 personnes (42 584 très exactement, saison 1985-86), c’est toute ma jeunesse, ce sont des souvenirs, pour moi, c’est ma ville de cœur, j’y suis très attaché ! »

Et puis, sur la route du retour dans le 43, l’USF Le Puy, qui a remplacé le COP, l’appelle pour remplacer le coach des seniors, Maurice Bouquet, en CFA2 : « Malheureusement, le football n’est plus devenu une priorité pour la nouvelle municipalité, et on a fait une saison moyenne. On est descendu. On a failli déposer le bilan. On est reparti avec des joueurs locaux et on est remonté sans perdre un seul match de championnat la saison suivante ! On a même recroisé la route de Saint-Etienne en coupe de France, à Geoffroy-Guichard (défaite 2-1) ! Ce fut l’occasion de croiser Frédéric Antonetti sur le banc, qui fut mon coéquipier au Puy en D2 ! C’était marrant de le retrouver dans le camp d’en face ! Ce match avait mis du beurre dans les épinards. »

Découverte du football féminin

Après plusieurs saisons « yo-yo » entre CFA2 et DH, Pierre-Yves change d’orientation et se tourne vers la D2 féminine : « En 2006, Je suis parti pendant deux saisons avec les filles de Saint-Etienne : on est monté en D1 la première année avant de terminer 4e la suivante ! »

Retour au Puy en 2008, d’abord avec les 14 ans Fédéraux puis avec les féminines du Puy Foot 43, la nouvelle entité née de la fusion entre l’USF et l’AS Taulhac en 2009.

Pendant 4 saisons (2013-2017), il dirige l’équipe en D2 : « Au départ, on a récupéré le club féminin d’Yssingeaux qui évoluait en D2, et on a rebâti tout ça ! »

Depuis 2017, il est à la tête des U19 Nationaux, avec lesquels il est en course pour le maintien, même si cette saison, après deux exercices fastes, est beaucoup plus compliquée. « C’est un championnat magnifique ! On se frotte au gratin ! Se maintenir serait exceptionnel. J’ai 11 « premières années » dans un effectif où l’on a axé le recrutement sur des gamins du département. On prépare l’avenir, avec des joueurs qui intègrent la National 3, et même le National pour certains comme Thibault Roure. Le joueur qui veut progresser et qui a du potentiel, ici, il peut franchir les marches. Certains l’ont fait comme Grégoire Celle, que j’avais recruté à Yssingeaux, passé par les sections sportives du collège Lafayette et du lycée Roche Arnaud (Charles et Adrien Dupuis), Mouad Aït-Boulaalam, Fabien Boulamoy ou Richard Mendy, tous dans le groupe National. »

Une nouvelle ère…

Sans regret, sans nostalgie, il se retourne sur toutes ces années qui ont défilé depuis son retour dans la cité du Velay, en 2002 : « Mes débuts d’entraîneur ici ont été difficiles, on avait peu de moyen mais déjà une formation intéressante. Quand je suis arrivé, les 18 ans accédaient en Nationaux, la réserve en DH et la Une en CFA2, mais il y avait quelques tensions internes. On a quand même sorti Jérémy Perbet et on lui doit beaucoup, car il a rapporté de l’argent au club grâce à ses différents transferts à l’étranger (Espagne, Turquie, Belgique). Et puis une grosse structure avait été mise en place par Alain Blachon, comme les sections sportives, qu’on essaie de pérenniser. En fait, on s’est débrouillé comme on a pu pendant une dizaine d’années avant que le président Christophe Gauthier n’apporte une autre dimension à son arrivée, en 2009 ; ça a changé la vie et la dimension du club. Aujourd’hui, on est revenu au niveau de mon époque, car il y avait deux poules en D2 dans les années 80. C’est une récompense pour Christophe Gauthier qui a bâti tout ça. Avec la restructuration du stade Massot et des équipements, on arrive dans une nouvelle ère ».

Le défenseur central ponot pourrait écrire un « guide du routard » tant il s’en est passé, des choses, durant sa carrière, dont il retrace ici les douze étapes. Comme autant de travaux !

Photos DR et Sébastien Ricou #LPF43

Romain Elie est immatriculé dans le Gard. Mais il est né à Beauvais, dans l’Oise. Tout comme Catalina, sa fille de 6 ans. Mais pas comme Tiago, son fils de 8 ans, né dans le Vaucluse, lorsqu’il jouait dans les Bouches-du-Rhône, à Arles, enfin, Arles-Avignon… Vous suivez ?
C’est vrai, pas évident de retracer les tribulations du Picard de 34 ans, tant sa carrière a connu des mouvements. D’ailleurs, l’intéressé, qui comme le bon vin s’améliore avec l’âge, et qui retrouvera vendredi l’une des pelouses sur lesquelles il a sévi (Boulogne-sur-Mer), doit faire appel à sa mémoire pour retracer ses douze étapes. Alors, c’est parti pour les douze travaux de Romain Elie ! Suivez le guide du routard !

La fiche de Romain : né le 6 mars 1985 à Beauvais (60).
Au Puy Foot (N2, National) depuis : 2016.

Avant : Nîmes (L2, 2014-16), Le Pontet (N2, 2014), Levski Sofia (D1 Bulgarie, 2012-13), Arles-Avignon (L2, 2011-12), Charleroi (D1 Belgique, 2010-11), Arles-Avignon (L2, 2009-10), Gueugnon (National, 2008-09), Boulogne (National, Ligue 2, 2006-08), Raon-L’Etape (National, 2005-06), Rouen (Ligue 2, National, U18 Nationaux, 2003-05), Beauvais (1989-2003).

I. AS Beauvais Oise (1989-2003) : « J’ai commencé attaquant mais je reculais au fil des ans ! »
Ma ville ! Et le club où j’ai été formé, dès l’âge de 4 ans. J’en suis parti vers 17 ans. J’ai commencé attaquant et plus les années passaient, plus je reculais ! Je me souviens que Beauvais a failli monter en D1 une année. J’aimais bien le stade mais ça manquait d’engouement comparé à Rouen par exemple. La ville s’est bien améliorée, j’y vais souvent, j’y ai mes beaux-parents. J’y suis retourné une fois, comme adversaire, avec Gueugnon, en National. A la fin de ma carrière, je pense plutôt m’installer à Amiens. Chez l’ennemi… (rires).

II. FC Rouen (2003-2005) : « Le club de cœur ! »
Je venais d’avoir le bac. Mes parents m’ont dit que je pouvais essayer le foot un an, et voir comment ça se passe. C’était le deal. C’est à Rouen que je suis passé défenseur central, grâce au coach des U18 Nationaux, Gilles Amptil, ce qui m’a permis d’intégrer le groupe pro. J’ai même disputé les 5 derniers matchs en D2 ! Mais on est descendu en National. J’ai eu quelques sollicitations mais je voulais faire une saison pleine à ce niveau. J’ai pris de l’expérience même si je n’ai joué qu’en fin de saison. J’adorais la ville, le stade, les supporters, c’était top. J’étais un peu le chouchou avec deux ou trois autres joueurs qui venaient de passer pro. Le FC Rouen, c’est mon club de cœur ! Depuis mon départ, en 2005, je ne suis jamais retourné à Diochon : alors j’ai coché la date du 4 octobre 2019, à Quevilly Rouen, avec Le Puy Foot, même si ce n’est pas le même club, c’est le même stade !

III. US Raon-l’Etape (2005-2006) : « On a fait la meilleure saison de l’histoire du club ! »
Une superbe année (8e) ! On a même joué la montée un moment ! J’ai confirmé sur le terrain et je me suis fait des amis là-bas, on s’entendait bien en dehors. Je suis repassé latéral gauche dans les Vosges. En fin de saison, Nancy m’a contacté mais on ne s’est pas entendu. J’ai signé à Boulogne, un top club de National qui jouait la montée.  

IV. US Boulogne Côte d’Opale (2006-2008) : « Vous pouvez ramener qui vous voulez, c’est moi qui jouerai ! »
Exceptionnel ! Le stade ! Les installations ! Tout ! Cette saison-là, Greg Thil était en feu, je lui ai mis quelques galettes (rires). On est monté en Ligue 2. Mais le coach, Philippe Montanier, m’a pris dans son bureau et m’a dit : « Y’a eu un manque de progression de ta part, je veux prendre un n°1 à ton poste ». J’ai répondu : « Vous ramenez qui vous voulez, c’est moi qui jouerai ! » Ils ont recruté Nicolas Rabuel. J’ai raté les premiers matchs, puis j’ai joué, on était même associé avec « Rabu », qui jouait devant moi à gauche ! La deuxième année, on a attendu pour renouveler mon contrat. On s’est maintenu à la dernière minute du dernier match de la saison… Puis Montanier m’a dit que je n’avais pas le niveau, alors que j’avais joué les deux tiers de la saison. Une grosse désillusion, que je n’ai toujours pas digérée. Mais je pense que c’était plus un problème d’ordre contractuel.

V. FC Gueugnon (2008-2009) : « Hubert Fournier m’aimait bien, lui… »
Hubert Fournier, l’adjoint de Philippe Montanier à Boulogne, que j’avais déjà côtoyé à Rouen, où il avait terminé sa carrière, est parti à Gueugnon et m’a emmené avec lui ! Il m’aimait bien ! Il m’avait déjà fait venir à Boulogne ! Gueugnon venait de descendre de Ligue 2. On avait une bonne équipe sur le papier mais ça n’a pas « matché ». Le stade est magnifique. J’ai malgré tout effectué une grosse saison. Arles-Avignon, club de Ligue 2, m’a contacté, donc je ne suis pas resté.

VI. AC Arles-Avignon (2009-2010) : « Le rêve, puis le cauchemar… Un sketch ! »
Quelle équipe ! Quelle saison incroyable ! On avait un groupe de revanchards, Benjamin Psaume en mode génie, Piocelle extraordinaire, et les autres en super-forme ! On se voyait tout le temps en dehors. Y’a eu une émulation. Je dispute peut-être la meilleure année de ma carrière en Ligue 2, on accède en Ligue 1. Je prolonge de 2 ans en fin de saison. Mais je passe du rêve au cauchemar. Cet été-là, il y a eu le bus de Knysna avec l’équipe de France et le feuilleton rocambolesque Arles-Avignon, avec un président qui arrive, un coach viré qui revient et qui est à nouveau viré, une reprise avec 10 joueurs à l’entraînement, bref, un sketch. Le club a commis l’erreur de ne pas s’appuyer sur le noyau de joueurs qui avait effectué la montée. Et pour ceux qui sont restés, comme moi, c’était compliqué, car on était étiqueté « Estevan », l’homme de la montée, black-listé. Ce fut une catastrophe. J’ai demandé à partir et le dernier jour du mercato, Charleroi est arrivé.

VII. RSC Charleroi (2010-2011) : « On ne t’a jamais parlé de la malédiction qui touche les « back gauche » de l’équipe ?! »
La découverte de la D1 belge. Je joue les six premiers matchs puis je me fais les croisés. Dommage, car ça se passait bien. Là, on m’a dit : « On ne t’a jamais parlé de la malédiction des « back gauche » à Charleroi ??? ». Apparemment, tous les arrières-gauche se faisaient les croisés… Y’a même eu un article là-dessus dans le journal ! Bon, la ville est moche, mais le championnat est top ! On avait un public passionné et un jeu à l’anglaise.

VIII. AC Arles-Avignon (2011-2012) : « Si Romain ne s’entraîne pas, personne ne s’entraîne »
Je retourne à Arles-Avignon, où je refais une saison en Ligue 2. Le président  Marcel Salerno ne comprenait pas pourquoi j’avais eu une augmentation de salaire. C’était dans mon contrat, et il l’avait signé ! Il a voulu renégocier. J’ai fait les matchs de préparation comme titulaire. Puis j’ai eu interdiction de jouer jusqu’à ce que l’on trouve une solution. Nantes, qui s’intéressait à moi, vient me voir le premier match mais je ne joue pas ! J’ai fait tout le mois d’août comme ça, mais après la fin du mercato, j’ai rejoué ! Je me souviens de Bobo Baldé, qui avait vécu la même situation, et qui, un jour, alors que j’avais interdiction de m’entraîner, est allé dans le vestiaire des coachs. Il a dit « Si romain ne s’entraîne pas, personne ne s’entraîne ». C’est beau. Je lui en suis très  reconnaissant. A la fin de la saison, Thierry Lauray, qui avait remplacé Faruk Hadzibegik, m’a dit : « Romain, on va arrêter là. »  

IV. Levski Sofia (2012-2013) : « J’ai été contacté sur facebook pour jouer en D1 en Bulgarie ! »
Un agent m’a envoyé un message sur Facebook. Il m’a dit « J’ai un club qui te veut ». Je lui ai donné les coordonnées de mon agent. C’était le Levski Sofia. Le Marseille de la Bulgarie ! Au départ, je devais y aller pour visiter les installations, mais en fait, c’était pour signer. Il a fallu que je dise à ma femme que je ne rentrais pas… Elle m’a suivi. On fait une super-saison mais à la fin, on perd la finale de la coupe au penalty et pour le titre, lors du dernier match, il fallait gagner : on mène 1-0, on est champion à ce moment-là, mais on encaisse un « csc » à un quart d’heure de la fin et on ne parvient pas à mettre le 2e but (1-1). Et c’est Ludogorets qui est titré à notre place. Quelle déception ! ça a été très dur de sortir du stade… Bye bye la Ligue des champions ! C’est au Levski Sofia que j’ai disputé un match d’Europa League, contre Sarajevo. On gagne 1-0 à l’aller mais je me blesse et je ne joue pas le retour, perdu 3-1. Après cette élimination, les dirigeants nous disent que si l’on ne gagne pas nos six premiers matchs de championnat, nos salaires seront divisés par deux jusqu’à une certaine période … On a gagné les six premiers matchs ! On a eu quelques guet-apens en Bulgarie, notamment une fois, avec notre bus, arrêté par deux voitures, et des supporters qui commençaient à monter dedans et nous attrapaient pas le col.

X. Le Pontet (2014) : « Les dirigeants étaient en train de racheter Nîmes et m’ont demandé de signer là en attendant… »
Comme on n’a pas été champion avec Sofia, on nous a dégagés. J’ai eu une offre de Bakou, en Azerbaïdjan, mais ma femme est tombée enceinte, elle ne m’aurait pas suivi, alors j’ai fait le choix de la famille plutôt que de l’argent. Je me suis retrouvé au chômage pendant 6 mois, mais j’ai vécu la naissance de ma fille, Catalina. Je savais que le club de Nîmes allait être racheté par les dirigeants du Pontet et que mon agent allait en devenir le directeur sportif. Donc il m’a demandé d’attendre, que j’allais signer dans ce club, mais la vente a traîné, alors en attendant, ils m’ont demandé de signer au Pontet.  

XI. Nîmes (2014-2016) : « J’ai pris sévère aux Costières ! »
Quand je jouais à Arles-Avignon, on allait souvent à Nîmes avec ma femme, j’aimais bien la vile, et j’avais joué aux Costières. Je m’étais toujours dit : « Il est bien ce stade, j’aimerais bien y jouer un jour ». C’est arrivé, sauf que, entre ce que j’imaginais et ce qui s’est passé… Ce fut ma plus mauvaise année. Je n’ai pas été performant. J’étais la première recrue mais tous les autres contrats sont passés avant moi, je n’étais même pas sûr d’être qualifié ! J’ai été le dernier contrat à être validé. Ce coup tordu, ça ne m’a pas plu. Y’a eu une cassure après ça, et moi, je marche à l’affect. Et ça n’a pas loupé : on gagne le premier match 3-2 contre Angers mais je fais une boulette ! J’ai mis du temps aussi à retrouver mon niveau. Je fais quand même 17 matchs. La deuxième saison arrive. Je retrouve mon niveau. Je récupère le brassard. J’ai digéré l’atmosphère de Nîmes, parce qu’il fallait être costaud pour la supporter. J’ai pris sévère aux Costières ! Mais au bout d’un mois, je me pète le pectiné, un muscle en-dessous du psoas. A mon retour, le coach José Pasqualetti ne me remet pas dans l’équipe. Bernard Blaquart, qui l’a remplacé, me dit qu’il ne me veut plus, qu’il va restreindre le groupe. Pourtant j’avais retourné l’opinion, chose pas simple à Nîmes ! Ils voulaient que je parte à la trêve, je n’ai pas trouvé de club. Alors je me suis entraîné avec la réserve et joué avec elle en CFA2.

XII. Le Puy (depuis 2016) : « Roland Vieira m’avait déjà envoyé des textos l’année d’avant ! »
Je reçois un texto de Roland Vieira. Et là, je m’aperçois que j’en avais déjà dans mon historique, qu’il m’avait contacté un an plus tôt pour venir au Puy ! Je me suis dit « Tiens, c’est marrant ». Je ne voulais pas passer par les stages UNFP, j’avais 30 ans. Le Puy Foot me proposait un contrat de 3 ans. J’avais Sedan, en National, mais ça ne s’est pas fait, et comme je n’ai pas voulu attendre, j’ai dit OK ! Et là, je retrouve le National ! La dernière fois, c’était avec Gueugnon, en 2008-2009, je jouais encore latéral gauche : à l’époque, quand on passait un joueur, on en avait deux autres encore derrière ! En Ligue 2, y’a quand même plus d’espaces pour jouer. Quand je vois le National 2 de l’an passé et le National cette année, c’est un peu plus physique, mais y’a pas un fossé énorme. En fait, la différence, c’est que ça joue plus juste offensivement.

Arrivé fin novembre en provenance de Boulogne, le milieu offensif se sent de mieux en mieux dans sa nouvelle équipe, et cela se voit ! Rencontre avec un garçon éternellement souriant, positif et sociable !

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Le milieu offensif du Puy Foot, auteur de 6 buts en championnat, est l’homme en forme ! Le Stéphanois, connu pour son caractère tranquille et posé, aime déstabiliser les défenses et n’entend pas se contenter de ce qu’il réalise actuellement. Portrait. 

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