Le président du club revient sur l’intersaison mouvementée et la situation actuelle. Sans langue de bois.

Entretien à retrouver sur le site :

https://www.footamateur.fr/christophe-gauthier-le-puy-cette-nouvelle-coupe-de-france-est-une-heresie/

  • Comment jugez-vous le début de saison de votre équipe (sixième en National 2) ?

« Après la descente, notre équipe a totalement été reconstruite autour du capitaine Loïc Dufau et du staff technique. Le directeur sportif (Olivier Miannay) et l’entraîneur principal (Roland Vieira) sont restés. Dix-sept recrues sont arrivées. Beaucoup de jeunes sont venus s’associer à ce groupe. Le début de saison est très intéressant même si il nous manque deux matchs par rapport à nos adversaires. Après sept matchs, nous sommes toujours invaincus. »

  • L’effectif a totalement été remanié. Était-ce inéluctable après une descente ?

« Oui, nous avons énormément souffert lors de la première partie de saison l’année dernière. Durant le mercato hivernal, des modifications ont été apportées mais c’étaient des prêts. Le club ne voulait pas repartir avec cet effectif. C’était une décision assez dure à prendre mais prise de concert entre la direction du club et le staff technique. »

  • Cet été, vous avez attiré des joueurs de renom comme Alexy Bosetti ou David Oberhauser. Le mercato est-il réussi ?

« Oui, ce sont des garçons qui se sont extrêmement bien intégrés. Ils vivent leur passion dans un club agréable et très bien structuré. Ils ont su intégrer les jeunes. La mayonnaise a bien pris. L’ambiance du groupe est très positive. »

Le recrutement, « un travail de longue haleine »

  • En décembre, vous avez recruté le latéral gauche Alexis Taïpa. Pourquoi ?

« Quentin Canales nous a quittés pour des raisons familiales. Il est retourné dans sa terre natale. Il nous a semblé important de compenser son départ. Alexis s’est proposé de lui-même. Il s’est très bien intégré au groupe. »

  • Christophe Gauthier, comment s’effectue le recrutement au Puy ?

« Olivier Miannay et Roland Vieira ont travaillé beaucoup pour prendre des joueurs qui ont été conseillés ou vus à la vidéo. C’est vraiment un travail de longue haleine. Et le fait d’avoir pu constituer ce groupe, c’est une vraie réussite de travail. »

  • Quelles étaient les ambitions du Puy cette saison ?

« Elles étaient clairement affichées. Il fallait retrouver le niveau qu’on nous a enlevés et non perdu. Le club est resté très ambitieux. »

  • Lors de votre montée en National (2019-2020), le recrutement a-t-il été bien géré ?

« Je vais vous répondre d’une façon très synthétique. Le président n’avait pas pris l’ampleur de la division et n’avait pas écouté son staff. J’avais entièrement tord et j’ai revu ma copie lors du mercato. J’avais donné consigne au staff de recruter entre cinq à sept joueurs. »

« La descente, une véritable injustice ! »

  • C’est rare d’être aussi honnête dans le milieu du football, non ?

« Oui, c’est certainement très rare. En National, j’ai connu des gens dont la parole n’était pas aussi limpide et clair. On fait ce qu’on peut. Le Puy est situé dans un territoire rural mais on s’y trouve bien. »

Avez-vous digéré la descente en National 2 ?

« Non, elle ne le sera pas. Ce championnat s’est terminé à la 24e journée. À sept heures près, Le Puy jouait contre son concurrent direct, Quevilly Rouen Métropole, qui se trouvait un point au-dessus. Que le championnat s’arrête pour des raisons sanitaires, j’étais entièrement d’accord. Mais arrêter un classement alors que le championnat n’était pas fini, c’est une véritable injustice. Ça restera mon point de vue. Le Conseil d’État n’a pas voulu m’écouter. Mais je maintiens mes arguments. »

  • Depuis octobre, le championnat est de nouveau arrêté. Continuez-vous à vous entraîner ?

« Oui, le groupe seniors a maintenu une activité physique. Ce sont des garçons qui ont un contrat au club. Le club a maintenu également du lien en mettant des choses en place pour que le groupe continue à vivre ensemble. On ne voulait pas les abandonner dans leurs appartements, c’est important. »

  • Et pour le reste du club ?

« Les jeunes ont repris les entraînements et uniquement les entraînements. »

  • Au niveau économique, quelle est la situation du Puy Foot 43 ?

« Le club n’a aucune rentrée d’argent, c’est difficile d’autant plus que nous avons voulu faire en sorte que les jeunes et le groupe seniors puissent continuer à s’entraîner. Il y a des coûts (une quinzaine de salariés en dehors du groupe A) et aucune rentrée. Mais cette décision, je ne la regrette pas car le club a réussi à mobiliser beaucoup de licenciés. »

« La fin de saison s’annonce compliquée »

  • En tant que dirigeant, est-ce difficile de se projeter sur les jours et mois à venir ?

« Oui, bien évidemment. C’est extrêmement difficile. Avec cette crise sanitaire majeure, il est raisonnable de penser que la fin de saison s’annonce compliquée. La décision de terminer les championnats au 30 juin paraît, encore une fois, incompréhensible. »

  • Le football amateur semble être oublié des débats ? Quel regard portez-vous sur cette situation?

« Il est oublié par rapport au football professionnel. Aujourd’hui, le seul mot d’ordre, c’est la crise sanitaire. Le football amateur ne se sentirait pas oublié si à côté de ça nos instances ne prenaient pas que des décisions en faveur du football professionnel. Si une équipe de Ligue 2 peut jouer, pourquoi une équipe de National 2 ne le pourrait pas ? »

  • Pensez-vous pouvoir jouer le sixième tour de coupe de France ?

« Non, la coupe de France a été remaniée durant le mois dernier (voie professionnelle, voie amateur) pour laisser tomber le football amateur. Et pour ne pas perdre les engagements financiers des partenaires, les instances ont voulu garder une coupe de France professionnelle. Ce qui me fait dire encore une fois que cette décision est financière et non sanitaire. Cette nouvelle coupe de France est une hérésie. »

  • Votre équipe féminine évoluant en D2 est à l’arrêt. Comment le vivent-elles ?

« Malheureusement, elles ne se sont pas entraînées depuis le 17 octobre. Pour la plupart d’entre elles, elles ne bénéficient pas de contrat au club. Elles sont considérées comme des seniors sans contrat qui ne peuvent pas s’entraîner. C’est extrêmement dommageable. Le Puy Foot a respecté les directives gouvernementales à ce sujet là. »

  • Votre terrain était enneigé l’autre fois. Est-ce fréquent ?

« On est situé dans un département d’altitude. Ça arrive mais très rarement. Cet hiver est un peu spécifique. On aura de la neige quinze jours dans l’année. Depuis 5 ans, il n’y a pas eu un match arrêté en Haute-Loire alors que dans les régions de basse altitude, il y a eu beaucoup de matchs reportés. Il faut aussi s’interroger. »

Alexandre Royer est arrivé au club cet été et a su très vite se faire apprécier, chose pas toujours évidente en terre inconnue, a fortiori quand on est amené à remplacer un garçon qui, lui aussi, était très apprécié (Antoine Kuntgen).

Le natif de Saint-Etienne, âgé de 26 ans, a endossé la casquette de responsable de l’école de football, et aussi celle d’entraîneur des U16 Régional 1, en binôme avec Cédric Mathieu : « Dans le cadre de mon BEF (Brevet d’entraîneur de football), il fallait que j’entraîne une équipe à 11 et cela tombait bien avec les U16 car Cédric souhaitait être épaulé. En plus, j’ai de la chance, je suis bien tombé sur une super-personne, avec lui, c’est top ! »

Tout au long de l’entretien qu’il nous a accordés, « Alex », comme tout le monde l’appelle, le répétera souvent : « C’est top ! ». Preuve qu’il se sent bien ici, au Puy Foot, dans son nouveau club, après une première expérience chez lui, au HPV (Groupement jeunes haut Pays du Velay), le club de son enfance. « L’année dernière, Olivier Miannay, le manager du Puy Foot, m’avait déjà contacté pour rejoindre le secteur de la formation, mais je ne me voyais pas partir en cours de saison. Cet été, Jérémy (Sahuc, responsable de la formation) m’a contacté. Quand j’ai vu son appel, j’ai pensé qu’il voulait me prendre un joueur !!! »

Erreur, c’était pour lui proposer de s’occuper de l’école de football.

Après trois jours de réflexion, Alex a dit « banco ». Cinq mois après son arrivée, le grand blond explique son rôle et détaille ses missions.

  • Alex, tout d’abord, peux-tu retracer ton parcours sportif et scolaire ?

J’ai grandi à Raucoules, près de Montfaucon et Dunières, où j’y ai longtemps joué avant de partir deux ans à Dunières puis un an à l’Olympique de Saint-Etienne quand j’avais 15 ans. Ensuite je suis parti un an à Monistrol et juste avant d’entrer en Terminale, j’ai eu un grave accident de la route, qui m’a valu un mois de coma et six mois d’hôpital… Malgré ça, j’ai eu mon bac au Puy (pro vente) et puis j’ai repris au club de Montfaucon. Ensuite, j’ai fait un BTS NRC (Négociation et relation Client) à Simone Weil, toujours au Puy. A l’époque, je voulais devenir commercial. J’ai eu l’opportunité de travailler pendant 2 ans à Yssingeaux, dans une entreprise de fournitures automobiles, où j’avais déjà effectué un stage : j’étais gestionnaire des achats et des stocks. Je me suis ensuite tourné vers le District de football pour passer une formation d’entraîneur (il est titulaire d’un BMF, Brevet de moniteur de football), et ils m’ont proposé un service civique. Du coup, je me suis lancé là-dedans et en même temps, je suis devenu salarié du HPV, le club de jeunes qui regroupe justement les communes de Montfaucon, Dunières et Raucoules : la première année, je suivais ma formation du BMF en parallèle et la saison suivante, j’étais à plein temps et responsable technique (école de foot, pré-formation et formation). Le HPV, c’est le club de mon enfance. »

  • Tu voulais être commercial et te voilà dans le football…

« Oui, j’aime bien la relation avec les gens, c’est pour ça que je voulais être commercial, mais j’adore le foot ! Quand j’étais môme, je voulais jouer, à un bon niveau, comme tous les enfants, mais j’avais les pieds carrés (rire) ! Je jouais attaquant ! Et puis, cette année, je continue à me former, je prépare mon BEF (Brevet d’entraîneur de football), c’est dur ! Je suis curieux de tout : ce matin, par exemple (entretien réalisé lundi), j’ai suivi un webinaire sur la préparation mentale, c’était top ! »

  • Comment s’est passée ton intégration au Puy Foot ?

« Au début ça a été dur de trouver mes marques; ici, la structure est différente, mais le confinement a permis de cadrer certaines choses et d’éclaircir la situation. »

  • Des objectifs ont-ils été fixés ?

« Olivier (Miannay) et Jérémy (Sahuc) m ont donné leur souhait quant au développement de l’école de foot, où il y a un manque de licenciés (une centaine à l’heure actuelle), dû je pense à sa structuration, à son organisation qui change beaucoup (turn-over des éducateurs). Nous avons la chance d’avoir Robert Gentes pour la partie trésorerie / administrative, mais on manque de personnes, il y a vraiment beaucoup de choses à gérer. Comme je suis arrivé fin août, je n’ai pas pu anticiper cette situation, mais maintenant, je sais comment m’y prendre. J’ai mis en place, par exemple, une application, Sporteasy, pour communiquer en direct avec les parents. Ce sont des choses comme cela qui permettront de gagner du temps, de ne pas s’éparpiller, de se structurer, d’être plus efficace. »

  • Un projet de jeu commun aux différentes catégories de l’école de football existe-t-il ?

« On essaie de mettre en place un projet fiable et solide jusqu’en 2024. L’objectif est d’être 25 joueurs par catégorie d’âge dans 4 ans, et d’avoir un organigramme où le ratio joueurs / éducateurs sera plus important, d’avoir du contenu aux entraînements. Tout cela doit être construit avec la pré-formation et la formation (l’école de football concerne les enfants des catégories U5 à U11). »

  • Et avec la formation et la pré-formation, quelles sont les passerelles ?

« On a dans l’idée de faire une école de foot structurée. On travaille sur un projet de jeu commun avec la pré-formation, de sorte que, quand les enfants arrivent en U12 puis en U13, ils ne soient pas dépaysés. Les principes de jeu seront les mêmes. Les passerelles devront se faire beaucoup plus facilement en passant d’une catégorie à l’autre. L’objectif est de « sortir » plus de jeunes. On aimerait, par exemple, avoir 80 % de joueurs issue de l’école de foot en U13. Après, on s’aperçoit que ça se se délite rapidement, dès les U15. Un exemple, cette saison, en U16, 4 joueurs sur 18 sont issus de l’école de foot du club : ce n’est pas suffisant. Il faut que l’on sorte des joueurs afin qu’ils puissent aller dans les équipes U12 et U13 avant de les fidéliser dans le temps, en plus on a la chance d’être attractif sur le plan sportif, avec toutes nos équipes en Régional 1. L’école de football du Puy Foot doit devenir l’école de foot phare du département, en terme de contenu, mais aussi en terme de vie associative et éducative. »

  • Un mot sur les U16 R1 ?

« Avec eux, c’est top ! Le groupe vit bien, je suis de plus en plus à l’aise. Les résultats étaient encourageants avant le confinement, même si on avait perdu à Moulins au terme d’un non-match. Le groupe est ambitieux et a envie d aller de l’avant. On a un projet de jeu commun au club, où on est plutôt libre, tout en étant capable de s’adapter, de toucher à tout, afin que les jeunes aient des repères s’ils sont, par exemple, amener à être appelés dans la catégorie supérieure, en U18. »

Le Malien de 23 ans, enfin débarrassé des blessures qui ont freiné sa progression à Nantes, n’a pas eu un parcours évident jusqu’à son arrivée au Puy Foot. Rencontre avec un joueur attachant, timide, respectueux et insaisissable sur le terrain, où sa vitesse fait des ravages !

Amadou Coulibaly adore la marche, si possible sur la pointe des pieds, sans faire de bruit. Ce qui correspond bien à son caractère timide et solitaire.

Amadou adore la marche et pourtant, ce sont ses courses, très rapides, que l’on a décelées. Ses jambes et sa vitesse de pointe ont tellement frappé les esprits qu’on s’est même demandé s’il n’allait plus vite en courant qu’avec sa trottinette électrique !

Car le Malien va vite. Très vite. Il n’est pas rare de le voir faire du 25 km/h sur un terrain : « Quand j’étais à Nantes, une fois, on m’a chronométré à 37 km/h ! »

Formé à l’académie Yeelen Olympique de Bamako

Né à Bamako, Amadou, âgé de 23 ans, est arrivé en France en 2015, au FC Nantes. A l’époque, il sortait d’une longue expérience à l’académie Yeelen Olympique de Bamako, où un Français, Nicolas Fernandez-Gabaldon, l’a pris sous son aile. « C’est l’un des fondateurs de l’Académie. Il s’est beaucoup occupé de moi. C’est un peu comme mon mentor. Nous sommes toujours en contact, il habite à Marseille. »

On comprend que le Français a joué un rôle essentiel dans le parcours d’Amadou, qui a perdu son papa très tôt, – « J’avais 2 ans quand il est décédé » -, et qui a grandi dans un petit village près de Bamako, à Moribabougou, là où il a appris à jouer au football, dans la rue. « Du lundi au vendredi, je m’entraînais à l’académie, j’allais à l’école et je faisais le soutien scolaire, et le samedi, on avait des matchs amicaux, mais pas de championnat. Puis je rentrais chez ma mère. Je suis un villageois ! »

Privé de Ligue 1 à cause … du brouillard !

A son arrivée à Nantes, en 2015, il paraphe un contrat stagiaire de 2 ans puis un autre, professionnel celui-là, en 2017, d’une durée de 3 ans. « Avant d’arriver en France, j’avais déjà effectué un stage quand j’avais 16 ans à Manchester City, en Angleterre. Et juste avant de signer à Nantes, j’étais à l’essai à Sochaux et aussi au FC Séville, en Espagne. »

Son plus gros problème, durant ses années passées chez les Canaris, furent les blessures à répétition. « Je me suis fait les croisés au genou droit au bout de la 2e année, et puis j’ai eu le ménisque touché et ensuite le tendon de mon genou gauche. Ce qui m’a valu trois opérations en tout. C’était long ! »

Il n’y a pourtant pas que les blessures qui ont freiné sa progression. Il y a … le brouillard aussi ! Parfois, une carrière tient à peu de choses, à un peu de chance, à la météo.

Nous sommes le samedi 10 décembre 2016, le FC Nantes doit recevoir Caen à la Beaujoire en Ligue 1. Quelques jours plus tôt, l’entraîneur de la réserve, Philippe Mao, a remplacé René Girard à la tête du groupe pro. Pour son deuxième match en Ligue 1, Mao, dont l’intérim n’aura finalement duré que le temps d’une défaite 2-0 à Guingamp, convoque Amadou dans le groupe qui doit affronter les Normands. Mais le match est reporté en raison du brouillard !

« C’est mon meilleur et mon pire souvenir, raconte le Malien, avec son sourire un peu nerveux; Philippe Mao m’avait eu en réserve, il avait même prévu de me faire jouer quinze minutes contre Caen. La semaine d’après, je me suis blessé… »

La semaine d’après, Sergio Conceiçao débarque sur le banc nantais. Qui sait ce qui se serait passé sans cet épisode météorologique …

« Il me manque l’efficacité »

Depuis son arrivée au Puy Foot cet été, Amadou revit. Et il n’est plus blessé. « C’est pour cela qu’ils ne m’ont pas gardé à Nantes, où je n’ai jamais pu enchaîner deux matchs. J’étais toujours blessé. Une saison, je n’ai joué que quatre matchs en réserve, pourtant, j’avais été décisif quatre fois ! »

A Massot, durant la campagne des matchs amicaux, ses qualités et aussi ses défauts ont très vite sauté aux yeux : percussion, vitesse et une certaine maladresse devant le but. Ce n’est pas lui faire injure que de dire qu’avec plus d’efficacité, il serait certainement plus haut aujourd’hui. L’intéressé, lucide, en est conscient : « Je peux emmener des occasions mais n’en mettre aucune au fond ! C’est vrai qu’il me manque l’efficacité. Comme contre Romorantin, lors du premier match à domicile : je rentre et tout de suite je rate un face à face. »

Néanmoins il apprécie sa nouvelle vie au Puy et se sent bien dans sa nouvelle équipe, « où il y a beaucoup de joueurs d’expérience, qui ont connu la L1, la L2 et le National. J’espère juste que les blessures vont me laisser tranquille : pour l’instant, tout va bien de ce côté là, et même moi, je n’y crois pas ! Je donne tout pour l’équipe. Titulaire, remplaçant, ou même si je ne suis pas dans le groupe, mon état d’esprit et ma motivation sont intacts. Ce qui me rend fier, c’est de toujours tout donner, de ne jamais lâcher, et si ça ne passe pas bien, si je ne parviens pas à réaliser mon rêve de joueur au plus haut niveau possible, je n’aurai rien à me reprocher. »

Attachant, respectueux, Amadou ponctuera l’entretien par ce commentaire sobre et poli : « Merci. C’est la première fois qu’on s’intéresse à moi, ça me met en valeur, je n’ai pas l’habitude… »

Photos S. Ricou #LPF43

L’entraîneur des gardiens du Puy Foot 43, qui entamera sa 9e saison dans le staff le mois prochain, retrace sa carrière qui l’a notamment conduit à Lille, où il a connu le professionnalisme, et au FC Rouen, un club qui l’a beaucoup marqué.

Avec Pierre-Yves Thomas, il est le témoin des années professionnelles du CO Le Puy en Division 2.

A 49 ans, David Mialon entamera, samedi 22 août prochain, jour de la reprise des championnats, sa 9e saison de rang au poste d’entraîneur adjoint en charge des gardiens. « En 2011, c’est justement Pierre-Yves Thomas qui m’a appelé ! Il entraînait chez les jeunes au Puy Foot et cherchait quelqu’un pour s’occuper des U19 DH. Les seniors étaient en DH aussi et Sylvain Jore, le coach, qui venait d’arriver, m’avait dit si que s’il montait en CFA2, il aurait besoin d’un entraîneur des gardiens. Le Puy Foot est monté l’année d’après, en 2012, et depuis, j’occupe ce poste, je suis toujours là ! » 

Dans un club, c’est toujours important d’avoir des garçons comme « PYT » ou lui. Ils sont les garants d’un passé glorieux, d’une époque faste qu’ils ont connue et qui peut certes paraître lointaine (Le Puy a évolué en D2 de 1984 à 1989).

Même si le football a beaucoup changé depuis, leur expérience, leur passé, leur vécu, leur témoignage, leurs souvenirs, sont toujours importants. D’autant que ces deux garçons-là, que ce soit Pierre-Yves ou David, ont beaucoup d’humilité, de recul et de pudeur à en parler.

Les trois enfants de David, Océane (25 ans), – « Elle habite à Aix-en-Provence », Luna (19 ans), « Qui cherche du travail au Puy, elle a un CAP de coiffure, je lance un appel ! » et Swann (10 ans), « Il joue à Brives-Charensac, et cette saison il va jouer gardien, ça lui plaît ! Il a vu les gardiens du Puy Foot s’entraîner avec moi, je pense que ça a dû jouer ! » peuvent être fier de leur papa, de son histoire, de son parcours, qu’il retrace ici !

Ses débuts    

J’ai commencé le foot dans un club qui me tient à cœur, et qui n’existe plus :Val Vert Sports, au Puy. C’est là ou y’a le stade du Père Fayard, à l’époque le terrain était en stabilisé. C’était un club formateur, un club de jeunes. J’habitais juste au-dessus, au quartier du Val Vert,  au 108. Pourquoi « 108 » ? En fait, c’est le nombre de logements, 108 logements. Quand ils ont inauguré la pelouse, je ne jouais plus au club, mais j’ai grandi sur le terrain du Père Fayard, où j’allais voir toutes les équipes le dimanche, en DH ! A l’époque, ça faisait du monde, y’avait de l’ambiance, tout le quartier se retrouvait là-bas ! C’était une autre époque !

Le poste de gardien de but

J’ai toujours joué gardien, même si une année, vers l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai évolué une saison au milieu, parce qu’on était deux gardiens, avec Jérôme Amblard, un ponot, aujourd’hui sapeur-pompier. L’entraîneur était Michel Charreyre, qui a aussi été président de l’USF Le Puy. J’ai retrouvé les cages l’année d’après et je ne les ai plus quittées jusqu’à l’âge de 38 ans, quand j’ai arrêté de jouer !

Ses années au CO Le Puy

Je suis parti du Val Vert en cadets nationaux pour rejoindre Clermont, à l’âge de 15ans. J’y suis resté un an. Le COP, qui était en Division 2, devait monter un centre de formation : j’ai eu la possibilité de l’intégrer pendant 2 ans. A ce moment-là, j’étais le 3e gardien, et puis, après le départ de Pierre-Yves (Thomas), je suis passé n°2 derrière Laurent Chatrefoux. J’ai même eu la chance de disputer 2 ou 3 matchs en Division 2 (4 en fait), à Massot, l’année de la descente (1988-89). Si j’ai pris des buts ? Un peu, oui (rires) ! Je me souviens qu’il y avait Lyon dans notre poule ! Ce qui est dommage, à l’époque, c’est que le nombre de remplaçants était faible, je n’avais donc pas la possibilité de m’asseoir sur le banc. Parfois, j’échauffais le gardien, et ensuite je partais m’installer en tribune pour regarder le match.

A Lille (1989-1995), il côtoie du très beau monde !

Après la descente en D3 du Puy, en 1989, je suis parti 6 ans à Lille : 3 ans comme stagiaire-pro et 3 ans pro ! Je jouais en réserve la plupart du temps. J’ai fait quelques bancs en L1, mais pas beaucoup. C’était bien, mais paradoxalement, ce n’était pas mes meilleures années. Lille n’était pas un club stable, il y a eu énormément de changements de coachs. C’est Jacques Santini qui m’a fait signer pro mais après lui ça a défilé : Henri Kasperczak, Pierre Mankowski, Jean Fernandez… J’étais n°3, derrière Jean-Pierre Lauricella (2), qui est à Lens aujourd’hui, et Jean-Claude Nadon (1). Quand je suis arrivé, ça m’a fait bizarre d’aller m’entraîner avec les pros et de me retrouver avec Abedi Pelé et Jocelyn Angloma ! C’était pas mal quand même ! C’était un autre monde pour moi qui arrivait du Puy ! Je peux vous dire que ça m’a fait bizarre. Les frappes d’Abedi Pelé ? Je m’en souviens bien ! J’ai aimé la ville et les gens du Nord. J’ai gardé quelques copains à Lille, de l’époque du Centre de formation. 

Le FC Rouen, ses meilleures années (1995-1998)

Rouen était en N2. L’objectif était la remontée en National, car le club avait été rétrogradé à cause de soucis financiers, avec Laurent Roussey comme coach. J’ai eu plaisir à le revoir la saison passée lorsque l’on a reçu Lyon-Duchère ! J’ai pu échanger avec lui, d’ailleurs, il m’a confié qu’il se régalait mieux à notre époque qu’aujourd’hui ! C’est vrai que les mentalités ont changé ! J’ai joué 3 saisons au FC Rouen, elles furent mes meilleures années. Malheureusement, on n’est pas monté, il y a eu des tensions, car lors de la troisième saison, certains joueurs n’étaient plus payés, alors qu’on était en tête à la trêve ! C’est dommage. Je me souviens qu’on était allé au domicile du président, Mr Batel, pour le menacer… Là-bas, j’ai découvert un stade magnifique, Diochon, et des supporters magnifiques. C’est pour ça que Baïdy (Sall) a de la chance, car même si ce n’est que de la N2, il va jouer dans une super ambiance et devant 3000 ou 4000 supporters, c’est fantastique ! Par contre, la ville, je n’ai pas trop accroché. Rouen est coupée en deux, avec la rive droite et la rive gauche, c’était flagrant.

Le retour au Puy à 28 ans

En 1998, Maurice Bouquet, le coach du Puy, cherchait un deuxième gardien : il a été clair, il m’a dit « La première année, tu joues en réserve ». J’ai répondu « Pas de problème ». J’étais content de revenir chez moi, sauf que là, j’ai dû travailler ! Avoir des horaires de boulot, c’est ce qui a été un peu difficile pour moi qui n’avais jusqu’alors fait que du foot…. J’avais 28 ans, et ça fait maintenant 21 ans que ça dure, que je travaille, toujours aux Espaces verts, à la maire du Puy-en-Velay. Je ne regrette absolument pas ce choix. A l’époque, je savais que le foot s’arrêterait, simplement, il a fallu prendre une décision.

Ce qui lui a manqué pour être un meilleur joueur…

Il m’a manqué, je pense, la confiance d’un coach : à Lille, il y a eu trop de changements, ça m’a freiné. Jacques Santini me connaissait, il croyait en moi, mais il est parti, et après lui, ça n’a pas arrêté de changer. A Rouen, j’ai retrouvé cette confiance avec Laurent Roussey, ça fonctionnait bien. Au Puy, j’ai joué 10 ans, jusqu’en 2008, avec des montées des descentes, en DH, en CFA2, à Massot. On s’entraînait à Guitard ; tout ça n’a pas changé. C’était bien. On avait une belle et bonne équipe de copains. C’est ce qui fait bizarre aujourd’hui : les joueurs restent beaucoup moins longtemps dans les vestiaires, les mentalités ont changé. Ça a été un changement flagrant.

Sa première expérience de coach en 2008

A Saint-Germain-Laprade, pendant 3 ans, je suis devenu coach de l’équipe réserve et des gardiens, avec Patrice Vernaudon, ancien coach de la réserve du Puy en DH, qui s’occupait de l’équipe une. C’était sympa. Puis après, en 2011, au Puy Foot, ils cherchaient quelqu’un pour les 19 ans, et Pierre-Yves Thomas m’a appelé. J’ai entraîné les U19 DH un an. La saison suivante (en 2012), j’ai rejoint le staff de Sylvain Jore, en CFA2, comme entraîneur des gardiens. Et je suis toujours là depuis ! Je vais attaquer ma  9e saison !  

« Le National, ça n’a rien à voir ! »

La descente en N2 sur tapis vert à cause du CoVID19, ça a été dur, j’ai accusé le coup, j’étais tellement content de retrouver un niveau comme ça, le National, que je ne connaissais pas du tout. C’est très proche du professionnalisme, on joue le vendredi, y’a la télé, les protocoles… En N2, ce n’est pas du tout comme ça, c’est très amateur !

Les départs de Jean-Simon Chazottes et Franck L’Hostis

C’est dur de les voir partir… J’ai passé 5 ou 6 ans avec « JS », on s’entendait très bien. Avant lui, y’a eu Haydar Al-Shaïbani aussi, et bien sûr « Francky » (L’Hostis), avec qui j’ai passé deux ans et demi, il a une super mentalité aussi, mais c’est le foot, des pages se tournent. Mais le changement, c’est bien aussi : je vais découvrir d’autres gardiens. Idem pour « JS » et « Francky » : ça peut être rasant pour eux, le discours et le travail sont toujours un peu les mêmes ; en fait, c’est bien pour eux et pour moi !  

Intégrer un club pro un jour ?

(Hésitant) Si on me le proposait, je réfléchirais quand même … C’est tentant tout de même. En plus j’ai la possibilité de prendre un congé sabbatique, alors oui, pourquoi pas, mais je n’ai jamais cherché, je n’ai jamais eu de contact, et je suis bien au Puy, où je suis apprécié, je pense, enfin, je l’espère !

Photo Sébastien Ricou / #LPF43

Vendredi soir, Roland Vieira, le coach du Puy Foot, a répondu en direct aux questions des internautes sur le compte Instagram du club (@lepuyfoot43).

L’occasion pour lui de balayer de nombreux sujets, et d’évoquer notamment la décision du ComEx (Comité exécutif) de la Fédération Française de Football qui, jeudi 16 avril, a décidé de ne pas annuler le championnat National et de se calquer sur la Ligue 1 et la Ligue 2, dont les reprises sont espérées.

« J’ai pris du recul par rapport à ça, a-t-il notamment déclaré ; j’ai peu communiqué sur la situation, j’attends les décisions officielles de la FFF. La réalité, on le voit bien, c’est que le National est beaucoup plus rattaché à la Ligue 1 et à la Ligue 2 qu’au National 2, ne serait-ce qu’en matière d’exigence de diplômes, pour entraîner à ce niveau, puisqu’il faut les mêmes, et aussi en matière de déplacements dans toute la France. Si on reprend le championnat, je pense qu’on ne sera pas à l’abri, que l’on prendra des risques, or moi, ce qui me préoccupe, c’est la santé des joueurs, et ça, on n’en parle pas assez souvent. Je sais bien que si le championnat s’arrête, il y aura des décisions injustes pour certains. »

Puisqu’il a évoqué le mot santé, Roland Vieira a indiqué que sa famille et ses proches étaient épargnés par le virus qui sévit actuellement dans le monde : « On respecte au maximum les consignes. On s’est très rapidement mis en mode confinement. On passe plus de temps en famille, on est plus disponible pour les enfants, on s’occupe, on joue  Je leur mets des raclées au tennis-ballon ! J’ai la chance d’être en maison. On n’est pas à plaindre. Mais le football me manque énormément ! »

« Le foot est indispensable pour toute ma famille ! »

A la question « ça ressemble à quoi la vie d’un entraîneur de football sans football ? », le coach a répondu : « C’est difficile, je n’avais jamais connu un arrêt aussi long en près de 30 ans de football, depuis mes 13 ans et mon arrivée au centre de formation de Lyon. Alors, du coup, je fais d’autres choses, je visionne nos matchs, nos adversaires, je regarde des joueurs, j’échange avec le staff, je fais en sorte que les journées ne se ressemblent pas trop. Et je passe du temps au téléphone. Je n’en avais pas conscience quand j’étais joueur mais en basculant de l’autre côté, je m’aperçois que la passion est encore plus forte. Le football est même indispensable pour toute ma famille. »

Roland Vieira a ensuite évoqué ses débuts d’entraîneur en National, « Un niveau que j’avais connu comme joueur, mais ce n’est pas une surprise, je savais que c’était un championnat difficile. Le club a les moyens d’y vivre et d’y exister. On s’était préparé à vivre une saison compliquée et même à jouer le maintien jusqu’à la dernière journée. C’est un bon apprentissage. »

Quelques abonnés du compte Instagram n’ont pas hésité à pousser le coach dans un exercice d’auto-critique. Il lui a notamment été demandé s’il n’avait pas, compte tenu du manque de résultat à l’automne dernier, envisagé de démissionner, ou encore s’il n’avait pas « trahi » certains anciens joueurs du club en les écartant.

« Après notre défaite 3-0  à Quevilly Rouen, début octobre, qui nous a fait plonger à la dernière place, j’ai émis l’hypothèse à mes dirigeants que, s’ils jugeaient que je n’étais pas l’homme de la situation, il fallait qu’ils changent d’entraîneur. Mais je n’ai jamais envisagé de démissionner, non. Quant aux critiques… J’ai l’habitude, j’ai été avant-centre, un poste plus exposé, comme celui de gardien. Je prends du recul par rapport à cela. Mais ce sont surtout pour mes enfants que ça m’embête, ce sont eux qui les lisent sur les réseaux. »

« Si cela ne tenait qu’à moi, alors oui, je serais encore là la saison prochaine ! »

  • Les choix : « J’ai pris des décisions, comme celle d’écarter celui qui était notre capitaine, Hilal Bouguerra, puisqu’on me pose la question, mais humainement, il m’en a beaucoup coûté… J’aime mes joueurs mais parfois, j’ai des choix à faire, et ils sont difficiles.
  • Le mercato estival 2019 « Dans tout mercato, on fait des erreurs, même la saison passée, alors qu’on est monté en National, on en avait commis. Il n’y a jamais 100 % de réussite. Les erreurs sont partagées, après, il faut être capable de vite les rattraper, et c’est ce que l’on a fait je pense. »
  • Les erreurs à ne pas commettre la saison prochaine si le club se maintient en National : « On n’en a pas commis tant que ça, mais il faudra revoir les aspects athlétique, technique et tactique, on doit être meilleur là-dessus. »
  • La descente des U19 Nationaux et l’avenir des U18 R1 : « La solution, c’est de créer un groupe pour remonter en U19 Nationaux. Créer une équipe U20, on y a pensé, mais ce ne serait pas attractif en termes de niveau. Là, on va avoir un trou plus important entre la réserve et les U18. Il faut que l’on arrive à stabiliser le club avec des U17 et des U19 au niveau national, une réserve en N3 et l’équipe fanion en National. »
  • La formation ponote : « Cette saison, beaucoup de jeunes joueurs du club ont intégré le groupe National 3, malheureusement certains n’étaient pas prêts pour évoluer à ce niveau. C’est pour cela que l’on doit réussir à avoir nos U17 et nos U19 en Nationaux, afin que le passage en seniors soit moins difficile. C’est vrai aussi qu’on a fait venir trop de joueurs de l’extérieur, il faut trouver un équilibre, ce n’est pas facile. De la même manière, l’effectif de National était trop important, il a fallu envoyer des joueurs en réserve, qui n’avait rien à faire à ce niveau. »
  • L’avenir du club : « Aujourd’hui on a tout pour exister en National et pour, un jour, jouer les trouble-fêtes, mais on a besoin de temps, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut déjà stabiliser le club, apporter des nouvelles choses chaque saison. On a juste un peu de retard en termes d’infrastructure. »

Enfin, pour conclure, le coach a parlé de son avenir, qu’il envisage au Puy Foot, quelle que soit l’issue sportive de la saison : « Oui, si cela ne tenait qu’à moi, je serais encore là la saison prochaine, même si on descend en National 2 ! Maintenant, je ne peux pas répondre à la place des dirigeants. Mais j’accorde beaucoup d’importance à la fidélité. »

Avant de raccrocher le téléphone, le coach s’est dit « impatient d’aller s’entraîner, de retourner sur le terrain, j’ai hâte ». Ce sera sa première « mesure » après le déconfinement !

Le nouveau responsable de la préformation, de retour chez lui, dans son club, au Puy Foot, détaille sa nouvelle mission et développe les axes de travail. 

Jérémy Sahuc est un pur ponot qui, l’été dernier, a décidé de mettre un terme à sa vie de château, à Versailles, pour retrouver sa Haute-Loire natale !

Après trois années passées dans les Yvelines à enseigner l’éducation physique et sportive la journée au collège puis le football le soir et les week-ends au FC Versailles 78, club de plus de 1000 licenciés, il est revenu à ses premières amours.

Au Puy Foot 43, celui qui fêtera ses 27 ans ce dimanche est chez lui ! « J’y ai commencé le foot en pré-débutants. J’ai joué en 14 ans Fédéraux, en 17 ans Nationaux  jusqu’en seniors avec quelques matchs de DH (R1), mais je me suis très tôt consacré à 100 % à l’entraînement ».

Il effectue ses gammes avec les U11, puis avec les U12/U13 avant de s’occuper des U17 DH. En parallèle, il étudie à l’université Jean Monnet à Saint-Etienne, où il passe son MASTER, avant d’être muté en région parisienne : « J’ai entraîné les U17 du FC Versailles. Ce fut très formateur, notamment dans une Ligue très relevée. J’ai passé de très bons moments dans ce club, qui restera dans mon cœur, et où j’ai rencontré de très belles personnes. Mais je souhaitais me rapprocher de ma famille et de mes amis d’enfance. J’ai eu l’opportunité d’intégrer le club du Puy comme responsable de la préformation et des sections sportives. Tout en continuant à entraîner les U15 R1. »

Très vite, « Jerem », comme on l’appelle dans les allées du complexe Massot, s’est imposé dans un rôle nouveau et pas évident, où les responsabilités et les prérogatives sont élargies.

Ce grand passionné, qui vit et respire football, et gros travailleur, explique son rôle, effectue un états des lieux de la « préfo » et évoque les objectifs !

  • Jeremy, peux-tu nous expliquer ton rôle ?

Tout d’abord, la préformation s’étend de la catégorie U12 à U15, avec une petite particularité au Puy Foot puisque nous y avons intégré cette année les U16. Lionel (Vaillant), lui, est responsable du pôle formation. Et Roland (Vieira) chapeaute l’ensemble avec le manager, Olivier (Miannay). Mon rôle est de favoriser la volonté du club, qui est de poursuivre son objectif de formation du joueur. Nous devons donc travailler autour d’un projet sportif. Cela passe par une organisation générale permettant d’optimiser la performance, de mettre en place des principes de jeu commun à l’ensemble de la préformation et formation ainsi que des réunions techniques autour de notre philosophie de jeu.

« Optimiser les sections sportives, qui permettent d’allier le foot et les études »

  • As-tu des objectifs précis ? 

Les objectifs sont les suivants : accompagner les éducateurs et joueurs du Puy Foot 43 dans leur cursus pour atteindre le plus haut niveau, et faire parler du club comme un véritable club formateur.  

  • A ton arrivée, quels ont été tes principaux axes de travail ?

En arrivant au club, mon souhait était d’abord d’observer, d’analyser et de voir quelles étaient les perspectives d’évolution. Mon chantier principal est d’optimiser l’outil que représentent les sections sportives. Aujourd’hui un joueur du Puy Foot 43 est dans l’obligation d’intégrer nos sections sportives. A travers cet outil, nos joueurs peuvent allier football et études. Ces sections permettent de doubler le nombre de séances, d’accélérer la progression du joueur mais également d’avoir un regard sur la scolarité de l’enfant. Nous le savons, très peu d’entre eux vivront du football. Il faut donc avoir un œil attentif sur cet aspect. La section est un véritable levier pédagogique pour des enfants en difficulté scolaire ou ayant une attitude parfois déviante grâce au lien permanent que nous avons avec les enseignants référents. S’il n’y a pas de travail scolaire ou si l’attitude est jugée incorrecte, c’est simple, il n’y aura pas de football. On ne transige pas là-dessus. 

« Etablir un projet de jeu commun et créer une véritable identité »

  • Un mot sur les principes de jeu et la philosophie de jeu ponote ?

C’est mon deuxième chantier : établir un projet de jeu commun aux catégories jeunes afin de créer une véritable identité. Cela consiste en une programmation commune avec des principes de jeu identiques mais évolutifs en fonction des catégories. Nous souhaitons parler le même langage au sein du club. C’est un défi de taille mais très intéressant. Au Puy Foot, on souhaite aussi jouer notre rôle de club phare du département en renforçant nos liens avec nos clubs voisins et ainsi gommer une image parfois fausse qui nous colle à la peau.

  • Les mots football et formation sont indissociables : comment qualifierais-tu la formation ponote ?

Elle est rigoureuse mais toujours accompagnée de la notion de plaisir. Un plaisir que l’on retrouve dans l’effort, le dépassement de soi et la recherche de la performance. Nos équipes évoluent toutes au plus haut niveau régional et parfois même national (U19 Nationaux). Cette longévité à ce niveau de pratique parle d’elle-même et en dit long sur la qualité des jeunes que nous avons et du travail effectué.  

  • La formation est-elle un enjeu primordial pour Le Puy Foot ?

Elle est indispensable. Tout club qui prétend jouer au plus haut niveau se doit d’avoir des fondations solides. Si demain nous formons des joueurs capables de jouer en National et en National 3 au Puy, ou ailleurs, plus haut, alors nous aurons réussi notre job ! La période très difficile que nous vivons actuellement va faire évoluer les mentalités : la formation va reprendre ses droits dans les clubs.

  • Quel bilan dresses-tu de la saison écoulée ?

En U12-U13, le début de saison a montré de belles choses en termes de contenu. On attendait vraiment la deuxième partie de saison, qui nous aurait permis de jouer en critérium régional et d’affronter des équipes que nous avons l’habitude de retrouver en haut de tableau de la ligue AURA. 

En U14, la saison est difficile mais hyper-formatrice. Nos joueurs auront appris à coup sûr dans une poule très relevée. On a pu observer des progrès notoires pour une génération qui, ne l’oublions pas, découvre le foot à 11. 

En U15, les joueurs ont su se mettre au niveau sur de nombreux matchs et ainsi valider leur maintien si la saison s’arrête là. Nous avons manqué de constance pour espérer mieux mais l’objectif premier, qui reste la formation, est rempli sachant que l’on a joué contre de grosses écuries (OL, ASSE, Annecy, FBBP01, Saint-Priest, Clermont Foot, etc.).

Enfin, en U16, la saison est remarquable. Nous avons été au coude à coude en permanence avec un concurrent à la montée en U17 Nationaux (Andrézieux). Quid de la suite ? Une chose est sûre là encore, ils ont engrangé beaucoup d’expérience.  

  • Quelles sont les leçons – d’un point de vue sportif – à tirer de cette saison écoulée ? Quels enseignements à tirer ?  

Encore une fois, les résultats nous intéressent mais les contenus nous intéressent davantage. Dans son parcours de formation, le joueur doit vivre le plus d’expérience de haut niveau possible. Ce vécu footballistique doit le rendre plus autonome sur le terrain et en dehors pour espérer un jour atteindre le Graal chez nous : le National !  

  • Comment s’effectuera le recrutement pour la saison 2020-2021 ? 

Pour les détections et le recrutement, tout est bloqué. Nous attendons les consignes gouvernementales et fédérales sur une éventuelle reprise. Aujourd’hui le football doit se mettre entre parenthèses pendant quelque temps.